Au cours du mois de Dhu al-Qaʿda, le sultan ordonna l’emprisonnement du calife al-Mustakfī et de sa famille, en leur interdisant de se réunir. Leur situation se retrouva ainsi semblable à celle qu’ils avaient connue à l’époque d’al-Ẓāhir (1) et d’al-Manṣūr (2).
Parmi les notables décédés cette année-là :
• Le sultan Abū Saʿīd (3) ibn Khazbandā, qui fut le dernier à rassembler sous son autorité l’unité des Tatars, avant leur dispersion après sa mort.
• Le shaykh al-muʿaffar al-raḥla (4), Shams al-Dīn ʿAlī (5) ibn Muḥammad ibn Mamdūd (6) ibn ʿĪsā al-Bandanījī al-ṣūfī. Il était venu de Bagdad comme un grand maître, transmettant de nombreux recueils, dont le « Ṣaḥīḥ Muslim » et « al-Tirmidhī », ainsi que d’autres œuvres, et il disposait de nombreux enseignements utiles. Né en l’an 644 de l’Hégire, il avait pour père un spécialiste du ḥadīth qui l’avait fait assister à plusieurs auditions auprès de nombreux maîtres. Il mourut à Damas le 4 Muḥarram.
• Le qāḍī al-quḍāt (juge suprême) de Bagdad : Quṭb al-Dīn Abū al-Faḍāʾil Muḥammad (7) ibn ʿUmar ibn al-Faḍl al-Tabrīzī al-Shāfiʿī, connu sous le nom d’al-Akhawayn (8). Il avait entendu quelques traditions prophétiques et s’était consacré à l’étude du fiqh, des fondements du droit, de la logique, de la langue arabe, de la sémantique et de la rhétorique. Il excella dans nombre de ces disciplines et enseigna à la madrasa al-Mustanṣiriyya après al-ʿĀqūlī, ainsi que dans d’autres grandes écoles. Il jouissait d’un excellent caractère, était très compatissant (9) envers les pauvres et les faibles, se montrait humble et avait une belle plume. Il rendit l’âme à la fin du mois de Muḥarram et fut inhumé dans la sépulture qu’il s’était réservée auprès de sa demeure à Bagdad – qu’Allāh lui accorde Sa miséricorde.
• L’émir Ṣārim al-Dīn : Ibrāhīm (10) ibn Muḥammad ibn Abī al-Qāsim ibn Abī al-Zahr, surnommé al-Ghazāl (11). Il était passionné de lecture, possédait certaines connaissances en histoire et brillait lors de ses conférences.