Au cours du mois de Rabiʿ al-Ākhir, dans la demeure du sultanat de Qarabagh qui était leur résidence d’hiver, il fut ensuite transporté vers sa sépulture dans la ville qu’il avait fondée, proche de la cité impériale de son père. Il comptait parmi les meilleurs rois tatars, le plus vertueux d’entre eux, le plus constant dans la sunna et le plus ferme à la soutenir. Sous son règne, les gens de la sunna furent honorés et les Râfidah humiliés, contrairement au temps de son père. Après lui, cependant, la puissance des Tatars ne se releva plus, car ils se divisèrent et se dispersèrent jusqu’à notre époque. Celui qui lui succéda fut Arbakāwūn (1), issu de la descendance d’Abghâ, mais il ne conserva le pouvoir que brièvement.
Le mercredi dixième de Jumâdâ al-Ûlâ, Nūr al-Dīn al-Ardabīlī donna un cours à la Nâṣiriyya al-Jawâniyya, en remplacement de Kamâl al-Dīn ibn al-Shîrâzî, décédé, en présence des juges. Ce même jour, le cheikh imâm et récitateur (al-muqriʾ) Sayf al-Dîn Abû Bakr al-Ḥarîrî dispensa un enseignement à l’al-Ẓâhiriyya al-Barrâniyya à la place de Nūr al-Dīn al-Ardabīlī, qui l’avait délaissée après avoir été nommé à la Nâṣiriyya al-Jawâniyya. Le lendemain, son secrétaire Ismâʿîl ibn Kathîr prit en charge l’enseignement à l’al-Najībiyya à la suite du cheikh Jamâl al-Dîn ibn Qâḍî al-Zabadānî, qui la laissa lorsqu’on lui attribua la chaire de l’al-Ẓâhiriyya al-Jawâniyya. Les juges et les notables assistèrent à ce cours, qui fut très fréquenté : tous en firent l’éloge et s’émerveillèrent de la façon dont il était structuré et présenté. Le cours portait sur l’exégèse du verset "En vérité, ce sont les savants, parmi Ses serviteurs, qui craignent vraiment Dieu" (Fâṭir, 28). De là, on aborda la question du ribâ al-faḍl.
Le dimanche quatorzième du même mois, Ibn Qâḍî al-Zabadānî donna le cours dans cette même Ẓâhiriyya, à la place de ʿAlâʾ al-Dîn ibn al-Qalânsî, décédé, en présence des juges et des notables. Ce fut un jour de pluie (3).
Au début de Jumâdâ al-Ākhira, une grande cherté frappa les provinces d’Égypte et se poursuivit jusqu’au mois de Ramaḍân. Durant le mois de Rajab, un grand nombre de gens partit à la Mecque – environ deux mille cinq cents personnes – dont ʿIzz al-Dîn Ibn Jamâʿa, Fakhr al-Dîn al-Nuwayrî, Ḥasan al-Salâmî, Abû al-Fatḥ al-Salâmî, et bien d’autres.
Pendant ce même mois de Rajab, l’achèvement des travaux du pont de Bâb al-Faraj fut annoncé, et une muraille y fut érigée. Il fut ordonné de le garder ouvert jusqu’après la prière de ʿIshâ’, comme pour les autres portes, alors que précédemment il était fermé au moment du maghrib.
À la fin du mois de Rajab, la prière du vendredi fut établie dans la mosquée érigée par Najm al-Dîn ibn Khulaykhân (4), face à la porte de Kaysân du côté de la qibla. Le sermon y fut prononcé par le cheikh, l’imâm, l’éminent savant Shams al-Dîn Ibn Qayyim al-Jawziyya.