Ils éprouvaient pour Ibn Taymiyya un amour profond, lui ainsi que sa descendance et ses Arabes. Il détenait auprès d’eux une place et un prestige remarquables, ils écoutaient sa parole et la mettaient à exécution. C’est lui qui leur interdit de se lancer des expéditions les uns contre les autres, les informant que cela était illicite. Il composa à ce sujet un ouvrage considérable. Le décès de Muhannâ survint dans la région de Salamiyya, le dix-huitième jour de Dhou al-Qaʿda, et il y fut inhumé (1).
Le cheikh ascète : Faḍl (2) ibn ʿĪsā ibn Qandīl al-ʿAjlūnī al-Ḥanbalī, qui résidait à al-Mismāriyya (3), était originaire de la contrée de Ḥabrā. Il menait une vie modeste, portait de longues étoffes et un immense turban, acquis au plus bas prix. Il était versé dans l’interprétation des rêves et on le sollicitait à cette fin. Il n’acceptait rien de qui que ce fût. On lui offrit de nombreux postes assortis de traitements importants, mais il les refusa tous, se satisfaisant d’une maigre subsistance jusqu’à son décès en Dhou al-Ḥijja, à l’âge d’environ quatre-vingt-dix ans. Il fut enterré près de la tombe du cheikh Taqī al-Dīn Ibn Taymiyya — qu’Allâh leur fasse miséricorde à tous deux — et son cortège funèbre fut particulièrement impressionnant (4).
[Puis vint l’année sept cent trente-six]
[Elle s’ouvrit un vendredi, sous l’autorité des mêmes gouvernants que l’année précédente] (5).
Dès le premier jour de cette année, Tankiz se rendit à la citadelle de Jaʿbar avec l’armée et les catapultes ; ils s’absentèrent un mois et cinq jours avant de revenir sains et saufs (6).
Le huitième jour de Ṣafar, on inaugura la khanqah (maison de retraite mystique) qu’avait fondée Sayf al-Dīn Qawṣūn al-Nāṣirī hors de la porte d’al-Qarāfa (7) ; la direction en fut confiée au cheikh Shams al-Dīn al-Aṣbahānī (8), le théologien.
Le dixième jour de Ṣafar, Ibn Jumla fut élargi de la prison de la citadelle (9). Les nouvelles annoncèrent alors la mort du roi des Tatars, Abū Saʿīd ibn Khurbanda ibn Arghūn ibn Abghā ibn Hûlākû [ibn] (10) Tūlī ibn Gengis Khān, le jeudi douzième jour