Il exerça pendant un an l’enseignement à l’Atâbikiyya, puis se rendit en Égypte, où il fut chargé d’y dispenser l’enseignement et d’exercer la fonction de juge militaire. Il y mourut le dimanche 6 Ṣafar, alors qu’il approchait de la quatre-vingt-dixième année (1). Al-Barzâlî compila à son sujet une « Mashyakhah » (recueil de maîtres) dont nous avons entendu la transmission de sa part à Damas, et qu’il tenait de vingt-deux professeurs.
Le cheikh, imam, savant et ascète : Zayn ad-Dîn Abū Muḥammad ‘Abd ar-Raḥmân (2) ibn Maḥmūd ibn ‘Ubaydân al-Ba‘labakkî al-Ḥanbalî, fut l’un des savants éminents de l’école hanbalite. Il a écrit dans les domaines du ḥadîth, du fiqh, du taṣawwuf, des œuvres relatives aux actes du cœur, et bien d’autres sujets encore. Doué et actif, il connut un événement au temps d’Az-Ẓâhir : on rapporte qu’il perdit la raison, ou que son esprit fut troublé, ou encore qu’il se livra à des exercices ascétiques jusqu’à consumer son for intérieur par la faim. Il eut alors des visions dénuées de toute réalité extérieure, qu’il prit pour des faits concrets, alors qu’elles n’étaient que des projections de sa pensée altérée. Il mourut à la moitié de Ṣafar à Baalbek, où il fut inhumé à Bâb Saṭḥâ. Il n’avait pas atteint soixante ans. Une prière funéraire en son absence fut accomplie à Damas, conjointement pour lui et pour le qâḍî Az-Zura‘î.
L’émir Shihâb ad-Dîn Qarṭây (3), gouverneur de Tripoli, avait des fondations charitables (waqfs) et faisait preuve de générosité et de bienfaisance. Il mourut à Tripoli le vendredi dix-huit Ṣafar (4) et y fut enterré.
Le cheikh ‘Abd Allâh (5) ibn Yūsuf ibn Abī Bakr al-As‘ardî, spécialiste du calcul du temps (mu’aqqit), était instruit dans l’art du mīqât, de l’astrolabe et de toutes les disciplines qui s’y rapportent, dans lesquelles il excellait. Toutefois, ses mauvaises manières et son caractère rude faisaient qu’on ne pouvait tirer profit de lui (6). Ses facultés visuelles déclinèrent, et il chuta d’une hauteur à Qaysâriyya pour finir par mourir (7) le samedi soir, dixième Rabî‘ al-Awwal. Il fut inhumé à Bâb aṣ-Ṣaghîr.
L’émir Sayf ad-Dîn Balabân (8), Ṭurnâ ibn ‘Abd Allâh an-Nâṣirî (9), comptait parmi les chefs de premier rang à Damas. Il connut diverses péripéties dont le détail serait trop long à rapporter. Il mourut dans sa demeure, près du minaret de Fayrūz, dans la nuit du mercredi onzième Rabî‘ al-Awwal. Il fut inhumé dans une tombe qu’il avait préparée à côté de sa maison, où il alloua des lecteurs du Coran. Il y établit également une mosquée pourvue d’un imâm et d’un muezzin (10).