Il fut détenu à al-ʿAdhrawiyya pendant près d’un mois, puis on le remit en liberté et on le destitua de la ḥisbah, tout en le maintenant à la surveillance du Trésor (1).
Le dimanche vingt-huitième de Dhû al-Qaʿda, on apporta la robe d’investiture du qâḍî au shaykh Shihâb al-Dîn Ibn al-Majd, alors accompagnateur de Bayt al-mâl. Il la revêtit, se rendit à la Dâr al-Saʿâda, et son acte d’investiture y fut lu en présence du lieutenant de la sultane et des juges. Puis il retourna dans sa madrasa al-Iqbâliyya, où cette investiture fut également proclamée. Il rendit alors un jugement opposant deux plaignants et annota les pétitions des requérants (2). Il enseigna par ailleurs dans les madrasas al-ʿÂdiliyya, al-Ghazâliyya et al-Atâbakiyya (3), en plus de sa chaire de l’Iqbâliyya, où il succéda à Ibn Jumla.
Le vendredi, l’émir Ḥusâm al-Dîn Muhannâ b. ʿÎsâ arriva en compagnie du souverain de Ḥamâ, al-Afḍal. Tankiz les accueillit et les honora ; ils accomplirent la prière du vendredi auprès du lieutenant puis se mirent en route vers l’Égypte. Les principaux émirs allèrent à leur rencontre, et le sultan combla Muhannâ b. ʿÎsâ de largesses, lui octroyant de forts capitaux en or, en argent et en étoffes, et lui concéda plusieurs villages. Il lui permit de repartir auprès des siens, au grand contentement de la population.
On raconte que l’ensemble des dons que le sultan lui prodigua atteignit une valeur de cent mille dirhams (4). Il lui décerna, ainsi qu’à ses compagnons, cent soixante-dix robes d’honneur.
Le dimanche sixième de Dhû al-Ḥijja, al-Fakhr al-Miṣrî dispensa la leçon à la Rawâḥiyya, remplaçant le qâḍî al-quḍât Ibn al-Majd, en présence des quatre juges et des notables parmi les savants (5).
Le jour de ʿArafa, des robes d’honneur furent conférées à Najm al-Dîn b. Abî al-Ṭayyib pour la charge de Bayt al-mâl, à la place d’Ibn al-Munajjid, et à ʿImâd al-Dîn b. al-Shîrâzî pour la ḥisbah, remplaçant ʿIzz al-Dîn b. al-Qalânsî ; tous trois quittèrent la Dâr al-Saʿâda coiffés de touffes d’honneur.
Parmi les notables décédés au cours de cette même année se trouve le shaykh al-ajall et marchand intègre Badr al-Dîn : Luʾluʾ b. ʿAbd Allâh, affranchi du naqîb Shujâʿ al-Dîn Idrîs. C’était un homme de bien, qui commerçait dans les étoffes de drap. Il mourut subitement un jeudi après-midi, le cinq Muḥarram, laissant derrière lui des enfants et une importante fortune. Il fut inhumé à Bâb al-Ṣaghîr. Il était connu pour sa charité, son sens de l’aumône et ses bonnes actions. Il avait également institué un sabʿ (veillée funéraire) à la mosquée Ibn Hishâm (8).