Parmi les adeptes de tous les rites, on fit comparaître Ibn Jumla, le juge chaféite, alors que l’assemblée était complète avec ses membres, [et ils ne l’autorisèrent pas à s’asseoir, mais le laissèrent debout].
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Ensuite, on l’installa au bout d’un bon moment à l’extrémité du cercle, près de la palanquin qui contenait le cheikh az-Zahîr. Devant les autres juges, on l’accusa d’avoir jugé dans une affaire le concernant personnellement, et d’avoir outrepassé la peine infligée. Tous ceux qui étaient présents débattirent longuement de cette question, et ils comprirent, d’après les propos mêmes du nâ’ib (le lieutenant), qu’il s’en prenait à Ibn Jumla et qu’il se détournait de lui, après avoir pourtant été de son côté auparavant. La séance se termina donc sur un jugement du cadi Charaf ad-Dîn al-Mâlikî, qui proclama sa perversité (fisq), le démit de ses fonctions et l’incarcéra ; ainsi l’assemblée se dispersa. Il fut ensuite prescrit qu’Ibn Jumla soit conduit à al-‘Adrâwiyya, puis transféré à la Citadelle [en juste rétribution, et la louange revient à Dieu seul].
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Il avait exercé la fonction de cadi pendant un an et demi, moins quelques jours, rendant habituellement de bons jugements et gérant également les biens de mainmorte (awqâf) y afférents. Il était connu pour son intégrité, distinguant soigneusement les revenus des waqfs entre les savants et les pauvres, et pour sa fermeté, sa noblesse de caractère et son audace. Toutefois, il commit une erreur dans cette affaire et s’y emporta, si bien que son sort en fut scellé.
Le convoi partit le lundi dixième de Shawwâl, sous la direction de l’émir Uljî Bughâ, et son cadi était Majd ad-Dîn Ibn Hayyân l’Égyptien.
Le lundi vingt-quatrième du même mois, Najm ad-Dîn, fils du cadi al-qudât ‘Imâd ad-Dîn at-Tarassusî al-Hanafî, fut nommé professeur à l’école Iqbâliyya hanafite, en remplacement de Shams ad-Dîn Muhammad ibn ‘Uthmân ibn Muhammad al-Asbahânî ibn al-‘Ajamî al-Habtî, qu’on appelait Ibn al-Hanbalî. Ce dernier était un érudit pieux, ascète, très en proie à la tentation obsessionnelle (waswasa) au sujet de l’eau.
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Quant au nouveau professeur, Najm ad-Dîn Ibn al-Hanafî
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il avait alors quinze ans, mais déjà une vive intelligence, un esprit pénétrant, une excellente application, ainsi qu’une bonne prestance et une certaine gravité. Tous les présents enviaient son père pour cela. De fait, il finit par occuper lui-même le poste de cadi al-qudât (juge suprême) du vivant de son père, qui renonça à sa charge en sa faveur ; ses méthodes et ses jugements furent alors unanimement loués.
Au cours de ce mois, un document (maḥḍar) fut établi à l’encontre du ministre (ṣāḥib) Shams ad-Dîn Ghbriyâl, décédé cette même année, où l’on prouva qu’il achetait des biens au Bayt al-Mâl (Trésor public) pour en faire des fondations pieuses (awqâf), tout en les traitant comme s’ils lui appartenaient. En témoignèrent Kamâl ad-Dîn Ibn ash-Shîrâzî, son neveu ‘Imâd ad-Dîn, ‘Alâ’ ad-Dîn al-Qalânsî, le cousin de ce dernier, ‘Imâd ad-Dîn al-Qalânsî, ‘Izz ad-Dîn Ibn al-Munajjâ, Taqî ad-Dîn Ibn Marâjil et Kamâl ad-Dîn Ibn al-Fuwaira. Cette attestation fut portée devant le cadi Burhân ad-Dîn az-Zur‘î al-Hanbalî et validée par les autres juges. Le muḥtasib ‘Izz ad-Dîn Ibn al-Qalânsî refusa de témoigner, et on ordonna donc