Au cours du mois de Rabîʿ al-Awwal, Shihâb ad-Dîn (1) Qarâtây fut investi de la fonction de vice-gouverneur (niyâba) de Tripoli, et Tînâl (2) fut relevé de ce poste pour être nommé vice-gouverneur de Gaza ; le vice-gouverneur de Gaza devint, quant à lui, celui de Homs. Celui qui apporta les actes de nomination reçut d’eux cent mille dirhams.
Au mois de Rabîʿ al-Âkhir, le juge Muhyî ad-Dîn Ibn Fadl Allâh et son fils furent rétablis dans la fonction de katîb as-sirr (secrétariat d’État) en Égypte ; quant à Sharaf ad-Dîn Ibn ash-Shihâb Mahmûd, il reprit son poste de katîb as-sirr en Syrie comme auparavant.
Vers la mi-mois, la fonction de naqîb al-ashrâf (représentant des descendants du Prophète) fut confiée à ʿImâd ad-Dîn Mûsâ al-Ḥusaynî à la place de son frère, Sharaf ad-Dîn ʿAdnân, décédé le mois précédent et inhumé dans leur mausolée attenant à la mosquée ad-Dubbân (3).
Cette même période, al-Fakhr al-Miṣrî occupa la chaire d’enseignement à l’école ad-Dawlaʿiyya, en remplacement d’Ibn Jumla, qui avait reçu la fonction de juge (4).
Le vingt-cinq Rajab, le juge ʿAlâʾ ad-Dîn ʿAlî Ibn Sharîf – connu sous le nom d’Ibn al-Waḥîd (5) – assura l’enseignement à l’école al-Bâdarâʾiyya, en remplacement d’Ibn Jahbal, décédé le mois précédent. Les juges et les notables assistèrent à sa leçon, tandis que je me trouvais alors à Jérusalem en compagnie du shaykh Shams ad-Dîn Ibn ʿAbd al-Hâdî et d’autres.
Durant ce même mois, le sultan al-Malik an-Nâṣir ordonna de proscrire le tir au « bunduq » (balle ou plomb), de ne plus vendre ni fabriquer les arcs destinés à cette pratique, car ces tireurs corrompaient la jeunesse. [Il fut également précisé que la plupart de ceux qui s’y adonnaient pratiquaient la sodomie, la débauche et manquaient de piété]. Cet ordre fut proclamé sur tout le territoire égyptien et syrien (6).
Al-Birzâlî rapporte qu’au milieu de Shaʿbân, le sultan ordonna de livrer les astrologues au gouverneur du Caire : ils furent battus et emprisonnés pour avoir corrompu la conduite des femmes. Quatre d’entre eux moururent sous la torture, trois musulmans et un chrétien. Le shaykh Abû Bakr ar-Raḥbî m’en informa.
Au début de Ramaḍân, un courrier arriva à propos de la nomination de l’émir Fakhr ad-Dîn [ʿUthmân Ibn Muḥammad] Shams Luʾluʾ comme gouverneur du district rural de Damas, à la suite du décès de Shihâb ad-Dîn Ibn al-Marwânî.
Enfin, une lettre fut reçue à Damas en Ramaḍân, en provenance de La Mecque, annonçant qu’en pays hijâzî étaient survenues des foudres qui avaient tué des personnes éparses en divers endroits, suivies de fortes pluies en abondance.