Au milieu de ce mois, le cheikh Shams ad-Dīn al-Iṣfahānī, commentateur du « Mukhtaṣar » et professeur à l’école ar-Rawāḥiyya, se rendit en Égypte à cheval par voie de poste, quittant Damas et ses habitants pour s’installer au Caire.
Le vendredi neuf Jumādā al-Ūlā (1), on prêcha dans la mosquée fondée par l’émir Sayf ad-Dīn Āl Malik (2), où s’établit comme prédicateur Nūr ad-Dīn ʿAlī ibn Shabīb al-Ḥanbalī (3).
En ce même temps, le sultan dépêcha un groupe d’émirs en Haute-Égypte (aṣ-Ṣaʿīd). Ils rassemblèrent environ cinq cents (4) hommes qui s’adonnaient au brigandage ; certains de ceux-ci furent éliminés.
Au cours de Jumādā al-Ākhira, la supervision (شَدّ) des dīwāns (bureaux) à Damas échut à Nūr ad-Dīn ibn al-Khashshāb, en remplacement d’al-Ṭuruqshī.
Le mercredi onzième Rājab, l’investiture de Qāḍī al-quḍāt (juge suprême) ʿAlāʾ ad-Dīn ibn le cheikh Zayn ad-Dīn ibn al-Munajja eut lieu pour le poste de juge hanbalite, en remplacement de Sharaf ad-Dīn ibn al-Ḥāfiẓ. Son acte de nomination fut lu à la mosquée, en présence des juges et des notables. Le lendemain, il délégua Burhān ad-Dīn az-Zurʿī (5) comme suppléant.
En Rājab, Shams ad-Dīn Mūsā ibn at-Tāj Isḥāq (6) fut chargé de l’inspection de l’armée en Égypte, en remplacement de Fakhr ad-Dīn Kātib al-Mamālīk, décédé. An-Nashw (7) reprit sa fonction d’inspecteur des biens privés et reçut sa robe d’honneur. Cependant, en Shaʿbān, il fut destitué avec son frère ʿAlam, l’inspecteur des bureaux, puis on confisqua leurs biens et on leur infligea de violents coups. La supervision de l’armée échut à al-Makīn ibn Qurwayna, et celle des bureaux, à son frère Shams ad-Dīn ibn Qurwayna.
En Shaʿbān, on célébra le mariage d’Anūk – l’on raconte qu’il se nommait Muḥammad, fils du sultan al-Malik an-Nāṣir – avec la fille de l’émir Sayf ad-Dīn Bakhtamur as-Sāqī. Sa dot s’éleva à un million de dinars. On immola à cette occasion près de vingt mille têtes d’ovins, volailles, oies, chevaux et bovins. On confectionna (8) aussi des pâtisseries à hauteur d’environ dix-huit mille quintaux. De plus, on apporta trois mille quintaux de chandelles, d’après le témoignage du cheikh Abū Bakr ar-Raḥbī (9). Les noces eurent lieu la nuit du vendredi, onzième Shaʿbān.