L’imam et savant éminent Fakhr al-Dîn : ‘Athmad (1) ibn Ibrâhîm ibn Mustafâ ibn Sulaymân ibn al-Mârdînî al-Turkmânî al-Hanafî expliqua l’ouvrage « al-Jâmi‘ al-Kabîr » (2) et le dispensa sous forme de leçons réparties en cent cahiers. Il mourut au mois de Rajab, à l’âge de soixante-onze ans. C’était un homme courageux, érudit, vertueux, digne, éloquent, doté d’un bel esprit de conversation et qui composait d’agréables poèmes. Après son décès, son fils Tâj al-Dîn (3) fut désigné pour lui succéder à la fonction de gouverneur de la Mansûriyya.
Taqî al-Dîn ‘Umar (4), fils du vizir Shams al-Dîn : Muhammad ibn ‘Uthmân ibn as-Sil‘aws, était [jeune] lorsque son père mourut (5) sous le coup d’une peine. Il grandit ensuite dans le cercle des services officiels. Puis, à la toute fin de son règne, le sultan l’appela et l’investit de la supervision des dîwâns en Égypte. Il n’occupa ce poste qu’un seul jour : il comparut le jeudi auprès du sultan, quitta l’audience dans un grand trouble et ne regagna son domicile qu’en litière. Il mourut au matin du samedi 26 Dhû al-Qa‘da. On pria sur lui dans la mosquée de ‘Amr ibn al-‘Âs et on l’enterra près de son père à al-Qarâfa. Les funérailles furent imposantes.
Jamâl al-Dîn Abû al-‘Abbâs : Ahmad (6) ibn Sharaf al-Dîn ibn Jamâl al-Dîn Muhammad ibn Abî al-Fath Nasr Allâh ibn Asad ibn Hamza ibn Asad ibn ‘Alî ibn Muhammad at-Tamîmî ad-Dimashqî ibn al-Qalânsî, qui exerçait les fonctions de Fâḍî al-‘asâkir et de représentant du Bayt al-Mâl, ainsi que celle de professeur à l’école al-Amîniyya (7) et dans d’autres établissements, avait mémorisé « at-Tanbîh », puis « al-Muḥarrar » d’ar-Râfi‘î, qu’il maîtrisait parfaitement. Il étudia auprès du shaykh Tâj al-Dîn al-Fazârî et s’éleva dans les domaines de la science et de la direction des affaires. Il occupa de hautes fonctions, enseigna dans plusieurs lieux et se distingua à son époque par ses responsabilités, son ascendance et l’exercice de charges à la fois religieuses et temporelles. Il était humble, d’allure exemplaire, affable, bienfaisant et généreux, notamment envers les gens de savoir, les indigents et les pieux. Il comptait parmi ceux à qui l’on avait donné l’autorisation d’émettre des fatwas ; il en rédigea l’acte en ma présence spontanément, et son expression fut admirable, ce qui rehaussa grandement son estime à mes yeux.
Il décéda le lundi 28 Dhû al-Qa‘da. On l’inhuma ensuite dans leur tombeau à As-Safh. Il avait reçu l’enseignement du ḥadîth auprès de nombreux maîtres, et Fakhr al-Dîn al-Ba‘labakkî lui compila une « Mashyakha » (liste de ses professeurs), que nous avions écoutée en sa présence – qu’Allah lui fasse miséricorde.