Parmi ceux qui décédèrent cette année parmi les notables figure le juge suprême ‘Izz ad-Dīn al-Maqdisī : ‘Izz ad-Dīn Abū ‘Abd Allāh Muḥammad (1), fils du juge suprême Taqī ad-Dīn Sulaymān ibn Ḥamza ibn Aḥmad ibn ‘Umar ibn le shaykh Abū ‘Umar al-Maqdisī al-Ḥanbalī. Il naquit en l’an 665 de l’Hégire, écouta le ḥadith, étudia auprès de son père et le suppléa durant sa période de magistrature. Lorsque Ibn Musallam fut nommé, il se retira chez lui, mais continuait à assister au cours de la Jawziyya et à la Dār al-Ḥadīth al-Ashrafiyya dans la montagne, puis rentrait chez lui. À la mort de Ibn Musallam, on lui confia la charge de juge pour les ḥanbalites durant environ quatre ans. Il faisait preuve d’humilité, de bienveillance et s’employait à satisfaire les besoins de la population.
Il décéda le mercredi 9 Ṣafar, jour de pluie. Malgré cela, une foule nombreuse assista à ses funérailles, et il fut inhumé dans le cimetière qui lui appartenait (2). Son adjoint, Sharaf ad-Dīn ibn al-Ḥāfiẓ (3), lui succéda dans ses fonctions, alors qu’il approchait des quatre-vingts ans.
À la mi-Ṣafar, l’émir Sayf ad-Dīn Qajlīs (4), également connu sous le nom de Sayf an-Niqma (5), décéda. Il avait entendu des transmissions auprès de al-Ḥajjār et de Wazīra à al-Quds ash-Sharīf (Jérusalem).
L’émir (6) de haut rang, Sayf ad-Dīn Arghūn (7), fils de ‘Abd Allāh ad-Duwaydār an-Nāṣirī, avait exercé la fonction de vice-roi (niyāba) d’Égypte durant une longue période. Le sultan s’irrita ensuite contre lui et l’envoya comme vice-roi à Ḥalab, où il demeura un certain temps avant de décéder le 17 Rabī‘ al-Awwal. Il fut inhumé dans une tombe qu’il avait acquise à Ḥalab. Il possédait des connaissances et la compréhension du fiqh, était pieux et respectueux de la sharī‘a. Il avait écouté la lecture du Ṣaḥīḥ d’al-Bukhārī au Ḥijāz et l’avait entièrement recopié de sa main. Certains savants lui donnèrent l’autorisation de prononcer des fatwas. [Il s’inclinait vers l’opinion de l’imām Taqī ad-Dīn Ibn Taymiyya alors que ce dernier se trouvait en Égypte] (9). Il mourut avant d’atteindre cinquante ans. [Il détestait les divertissements. Lorsque, se rendant au fleuve Sājūr, il y partit dans l’humilité et la modestie, les émirs l’accompagnèrent également à pied, en proclamant le takbīr, le tahlīl et le taḥmīd. Il interdit alors tout chant, divertissement et jeu dans ces circonstances (9).]