Ensuite débuta l’année sept cent trente et un (731) [et les gouvernants étaient ceux mentionnés dans l’année précédente].
(1) Nous avons déjà relaté ce qu’avaient fait les serviteurs de La Mecque aux pèlerins (2) et le fait que deux émirs égyptiens furent tués. Lorsque la nouvelle parvint au sultan, il en fut profondément affecté et, dit-on, s’abstint de manger au banquet pendant plusieurs jours. Il envoya alors six cents cavaliers—certains avancent le chiffre de mille, mais la première version est plus exacte—et dépêcha un messager en Syrie pour qu’on y détache un autre commandant. On choisit ainsi l’émir Sif ad-Dîn Uljîbughâ al-ʿAdalî (3). Celui-ci quitta Damas le jour même de l’arrivée de la caravane, le vingt-sixième du mois de Muharram, avec pour mission de se rendre à Aïla afin d’y rejoindre les forces égyptiennes, puis de faire route ensemble vers le Hedjaz.
Le mercredi 9 Safar, le fleuve Sâjûr atteignit la ville d’Alep. Le vice-roi d’Alep, Arghoûn, sortit avec les émirs, tous à pied, en proclamant l’unicité de Dieu, Sa grandeur et Ses louanges, pour accueillir ce fleuve. Personne, quel que fût son rang, n’osa prononcer d’autres paroles que l’invocation d’Allah. [La population se réjouit grandement de cette arrivée, après avoir œuvré pour le libérer depuis des territoires lointains où il fallut percer des montagnes aux rochers massifs. Ils y érigèrent des ponts sur les vallées, et ce n’est qu’au terme d’immenses efforts et de grandes difficultés qu’il parvint jusqu’à eux. Louange à Dieu seul, sans associé] (5). Une fois revenu à Alep, le vice-roi Arghoûn tomba gravement malade et mourut —qu’Allah lui fasse miséricorde—.
Le dix-sept (6) Safar, Tankiz fit élargir les routes en Syrie à l’extérieur de Bâb al-Jâbiya et démolit tout ce qui rétrécissait les voies.