Al-Ḥajjār Ibn al-Shuhna : le grand shaykh, spécialiste des chaînes de transmission (al-musnid), d’un âge avancé (al-mu‘ammir), grand voyageur (ar-ruḥla), Shihāb ad-Dīn Abū al-‘Abbās Aḥmad(1) fils de Abī Ṭālib, fils de Ni‘ma, fils de Ḥasan, fils de ‘Alī, fils de Bayān al-Dayr Maqranī, puis aṣ-Ṣāliḥī al-Ḥajjār, connu sous le nom d’Ibn ash-Shuhna. Il entendit (samia) la lecture du « Ṣaḥīḥ al-Bukhārī » auprès d’az-Zubaydī en l’an 630 de l’Hégire, sur le mont Qāsiyūn. Toutefois, son audition ne devint publique qu’en l’an 706, ce qui réjouit les traditionnistes, qui multiplièrent alors les séances d’écoute auprès de lui. Le « Ṣaḥīḥ al-Bukhārī » fut ainsi relu devant lui près de soixante fois, en plus d’autres ouvrages.
Nous avons nous-mêmes écouté de lui, à Dār al-Ḥadīth al-Ashrafiyya, durant la période hivernale, quelque cinq cents fascicules (ajzāʾ) transmis soit par ijāza (autorisation), soit par audition directe. Il avait entendu (les traditions) auprès d’az-Zubaydī et d’Ibn al-Lattī ; il possédait en outre une ijāza de Bagdad mentionnant cent trente-huit maîtres (shuyūkh) de hauts niveaux de transmission. Il demeura pendant environ vingt-cinq ans à la tête du groupement des tailleurs de pierre (ḥajjārīn). Vers la fin de sa vie, il lui arrivait de se troubler l’esprit. Son revenu (jāmikiyya) fut définitivement fixé lorsqu’il se consacra à l’enseignement du ḥadīth.
Le sultan al-Malik an-Nāṣir l’écouta transmettre, l’honora en lui faisant revêtir de sa main la robe d’honneur. Une multitude innombrable de gens d’Égypte et de Syrie reçurent également les traditions de lui, et la communauté en tira grand profit. C’était un shaykh au visage agréable et noble, d’un cœur sain, pleinement conscient et lucide ; il vécut cent années bien révolues, voire plus, puisqu’il entendit al-Bukhārī d’az-Zubaydī en 630, et le transmit lui-même en 730, le 9 Ṣafar, à la Grande Mosquée de Damas, jour où nous l’avons écouté, louange à Dieu. On raconte qu’il assista à la mort d’al-Mu‘aẓẓam ‘Īsā ibn al-‘Ādil et entendit le peuple dire : « al-Mu‘aẓẓam est mort », or son décès remonte à l’an 624.
Al-Ḥajjār décéda un lundi, le 25 du mois de Ṣafar de cette même année. On fit sur lui la prière funéraire à al-Muẓaffarī le mardi, puis il fut inhumé dans la tombe qu’il possédait près de la Zāwiya ar-Rūmī(2), non loin de la mosquée al-Afram(3). Ses funérailles furent solennelles — qu’Allāh lui fasse miséricorde.
Le shaykh Najm ad-Dīn(4) ‘Abd ar-Raḥīm(5) ibn ‘Abd ar-Raḥmān(6) ibn Naṣr al-Mawṣilī(7), connu sous le nom d’Ibn ash-Shaḥḥām, étudia d’abord dans sa ville, puis voyagea, résidant dans la cité de Sarāw(8), relevant du royaume d’Ardabīl(9). Par la suite, il arriva à Damas en l’an 724 de l’Hégire, où il enseigna à la Ẓāhiriyya al-Barāniyya puis à la Jārūkhiyya. Le poste de shaykh du Ribāṭ al-Qaṣr(10) lui fut ensuite attribué, puis il descendit