Au mois de Jumâdâ al-Âkhirah, les provinces égyptiennes et syriennes furent parées de décorations et l’on fit résonner les fanfares pour célébrer la guérison du sultan de la blessure (1) qui lui avait fêlé la main. Des robes d’honneur furent décernées aux émirs et aux médecins en Égypte, et l’on libéra les prisonniers (2).
Au cours du même mois de Jumâdâ al-Âkhirah, des envoyés francs se présentèrent devant le sultan pour réclamer certaines régions côtières. Il leur déclara : « Si je ne craignais pas que les messagers ne soient point mis à mort, je vous aurais tués », puis il les renvoya, humiliés, dans leur pays.
Le dimanche sixième jour de Rajab, le sultan assista au cours que le juge Fakhr ad-Dîn, écrivain des mamelouks, avait fondé pour les hanafites dans leur mihrab de la Grande Mosquée de Damas. Le cheikh Shihâb ad-Dîn Ibn Qâdî al-Hisn, frère du grand juge Burhân ad-Dîn Ibn ‘Abd al-Haqq en Égypte, y enseigna en présence des juges et des notables, qui se rendirent ensuite auprès de son neveu, S alâh ad-Dîn, à la Jawhariyya (5). Ce dernier dispensa son cours en remplacement de Shams ad-Dîn Ibn az-Zakî, qui lui avait cédé sa chaire (6).
À la fin de Rajab, la khutba fut prononcée dans la mosquée édifiée par l’émir Sayf ad-Dîn Ulmâs, chambellan, à l’extérieur du Caire, sur la grande voie (8).
La khutba fut également prononcée dans la mosquée construite par Qawsûn, située entre la mosquée de Tûlûn et as-Sâlihiyya (9), le vendredi onzième jour de Ramadân, en présence du sultan et des grands émirs. Ce jour-là, le sermon fut donné par le juge suprême Jalâl ad-Dîn al-Qazwînî, de rite shaféite (en remplacement d’Amîn ad-Dîn Ibn al-‘Assâl, lequel reprit ensuite la fonction de chambellan du grand dîwân) (10). Une précieuse robe d’honneur lui fut offerte, et ce fut ensuite Badr ad-Dîn Ibn Shukr (11) qui s’empara pleinement de la fonction de prédicateur.
Le convoi syrien quitta la ville le samedi, onzième jour de Shawwâl, sous la direction de l’émir Sayf ad-Dîn al-Mûsâwî (12), gendre de Balabân.