Puis arriva l’année trente et sept cents. Elle commença un mercredi, et les gouverneurs du pays restèrent ceux déjà mentionnés pour l’année précédente, à l’exception du juge shāfiʿite, qui décéda. À sa place, on nomma, le quatrième jour de muḥarram de cette année, ʿAlam al-Dīn Muḥammad b. Abī Bakr b. ʿĪsā b. Badrān al-Akhnāʾī ash-Shāfiʿī (1). Il arriva à Damas le vingt-quatrième jour de ce mois, accompagné du vice-sultan Tankiz. Il visita également Jérusalem et assista à l’enseignement dispensé dans la Tankiziyya, qu’il y avait instituée. À son arrivée à Damas, il s’installa comme de coutume à l’ʿAdiliyya al-Kabīra, où il donna des cours, ainsi qu’à la Ghazāliyya. Il conserva la charge de suppléant du Manfalūṭī, avant de désigner, à son tour, Zayn al-Dīn Ibn al-Marḥil (2).
Au mois de ṣafar, Sharaf al-Dīn Maḥmūd b. al-Khaṭīr (3) prit en main la gestion et le contrôle des biens waqf (les fondations pieuses). Najm al-Dīn b. al-Zaybaq, quant à lui, se retira de ce poste et fut nommé gouverneur de Nāblus.
Au mois de rabīʿ al-ākhir, on entreprit de recouvrir de marbre le côté oriental de la mosquée des Omeyyades pour le conformer au côté occidental. L’émir Ibn Marājil, alors vice-gouverneur, consulta le juge au sujet de la collecte des mosaïques (fuṣūṣ) provenant de différentes parties de la mosquée afin de les poser sur le mur qiblī. Il reçut leur autorisation d’agir ainsi.
Un vendredi, on établit pour la première fois la prière du vendredi (ṣalāt al-jumʿa) dans l’īwān des shāfiʿites de la madrasa al-Ṣāliḥiyya, au Caire. L’initiateur de cette mesure fut l’émir Jamāl al-Dīn, vice-gouverneur de Karak (4), après qu’il eut demandé l’avis (fatwā) des savants à ce sujet.
Toujours en rabīʿ al-ākhir, Shams al-Dīn Ibn al-Naqīb (5) fut nommé qāḍī (juge) d’Alep en remplacement de Fakhr al-Dīn Ibn al-Bārizī (6), décédé. Quant à la judicature de Tripoli, elle fut confiée à Shams al-Dīn Ibn Majd al-Baʿlabakī, en lieu et place d’Ibn al-Naqīb.
À la fin de jumādā al-ūlā, le qāḍī Muḥyī al-Dīn Ibn Jahbal (7) commença à exercer la fonction de suppléant à la judicature au nom d’al-Akhnāʾī, en remplacement du Manfalūṭī, décédé.
Au cours de ce même mois, l’émir ʿAlāʾ al-Dīn Mughlatāy al-Nāṣirī (8) fonda une madrasa au profit des ḥanafites, qui comprenait également une section pour des soufis. Le qāḍī ʿAlāʾ al-Dīn Ibn al-Turkumānī y dispensa son enseignement, et des fuqahāʾ (juristes) y prirent résidence.