Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il est décédé au mois de Rabīʿ al-Ākhir.

Notre maître, l’éminent savant Burhān al-Dīn al-Fazārī : il était le shaykh, l’imām, le grand érudit, le maître de l’école et son éminence, le guide pour ses adeptes, Shaykh al-Islām, le muftī des différentes communautés, le vestige des pieux prédécesseurs (as-salaf), Burhān al-Dīn Abū Isḥāq Ibrāhīm (1), fils du shaykh l’éminent Tāj al-Dīn Abū Muḥammad ʿAbd al-Raḥmān, fils du shaykh, l’imām, le lecteur du Coran et muftī, Burhān al-Dīn Abū Isḥāq Ibrāhīm ibn Sabāʿ ibn Ḍiyāʾ al-Fazārī al-Miṣrī al-Shāfiʿī. Il naquit en Rabīʿ al-Awwal de l’an six cent soixante de l’Hégire (660) et étudia le ḥadīth, œuvra auprès de son père, donna des leçons dans son cercle d’enseignement ; il surpassa ainsi ses contemporains, ainsi que tous les membres de son époque adeptes de son école, dans la compréhension du madhhab, sa transmission et sa précision. Ensuite, il occupa la même fonction que son père pour l’enseignement à l’école al-Bādarāʾiyya et instruisit les étudiants à la mosquée des Omeyyades (al-Jāmiʿ al-Umawī), dont profitèrent grandement les musulmans.

On lui proposa de nombreux postes importants, mais il les refusa. À titre d’exemple, il assura un temps la fonction de khaṭīb (prédicateur) après son oncle, l’éminent savant Sharaf al-Dīn, puis l’abandonna pour retourner à la Bādarāʾiyya. On lui proposa également la magistrature suprême de Syrie (Qāḍī al-Quḍāt) après Ibn Ṣaṣrā, et le gouverneur de Syrie insista personnellement, soutenu par les fonctionnaires de l’État, mais il déclina fermement et s’obstina à refuser. Il se consacra assidûment à ses occupations, conscient de la réalité de son époque, remplissant son temps par l’étude et l’adoration, de jour comme de nuit. Il lisait beaucoup, transmettait le ḥadīth et nous fîmes l’écoute auprès de lui de "Ṣaḥīḥ Muslim" et d’autres ouvrages. Il enseignait dans l’école mentionnée, et avait rédigé de nombreux commentaires sur "Tanbīh", où l’on trouve des points inédits ailleurs. Il laissa aussi des annotations sur le "Mukhtaṣar Ibn al-Ḥājib" en uṣūl al-fiqh, ainsi que d’autres ouvrages importants. En somme, je n’ai jamais vu, parmi nos maîtres shāfiʿites, quelqu’un qui lui soit comparable. Il était bel homme, doté de prestance, de gravité et de dignité, bon de caractère, parfois vif, mais revenant aussitôt à la quiétude. Il faisait preuve d’une grande générosité, en particulier envers les étudiants, et ne conservait rien de ses revenus : il dépensait sa solde et le traitement de son poste pour subvenir à leurs besoins. Il occupa la chaire de l’école al-Bādarāʾiyya depuis l’an six cent quatre-vingt-dix (690) de l’Hégire jusqu’à cette même année.

Il mourut au matin du vendredi septième Jumādā al-Ulā dans cette même école. On pria sur lui après la prière du vendredi à la mosquée principale, et son cercueil fut porté à bout de bras et sur le bout des doigts, dans une immense affluence. Il fut enterré auprès de son père, de son oncle et de ses proches à Bāb al-Ṣaghīr. Qu’Allāh lui fasse miséricorde.

Quant au shaykh, l’imām, l’érudit, l’ascète, le pieux : Majd al-Dīn Ismāʿīl (4) al-Ḥarrānī (5) al-Ḥanbalī, il naquit en l’an six cent quarante-huit (648), apprit le Coran (6) et étudia le ḥadīth à Damas lorsqu’il s’y installa avec sa famille en l’an 651.

(1) Sa biographie se trouve dans al-Dhayl (p. 160), Ṭabaqāt al-Shāfiʿiyya (vol. 6, p. 45), al-Fawāt (vol. 1, p. 32), al-Durar al-Kāmina (vol. 1, p. 34), al-Shatharāt (vol. 6, p. 88), al-Dāris (vol. 1, p. 208), avec la date de son décès indiquée en 728 H. (2) Dans Ṭ : W. (3) Dans Ṭ : soixante-dix, ce qui est une erreur d’interprétation, car sa naissance date de 660 H. (4) Sa biographie se trouve dans al-Dhayl (p. 161), Dhayl Ṭabaqāt al-Ḥanābila (vol. 2, p. 408), al-Durar al-Kāmina (vol. 1, p. 377), et al-Shatharāt (vol. 6, p. 89). (5) Dans B : Ismāʿīl ibn Muḥammad ibn Ismāʿīl, de même dans al-Dalīl, et al-Dhayl, al-Durar et al-Shatharāt ajoutent al-Farrāʾ al-Ḥarrānī. (6) Dans Ṭ : al-Qirāʾāt.
توفّي في ربيع الآخر. شيخُنَا العلَّامة برهان الدين الفزاري: هو الشيخ الإمام العالم شيخ المذهب وعلَمه ومفيد أهله، شيخ الإسلام مفتي الفِرَق بقية السَّلف برهان الدين أبو إسحاق إبراهيم (١) ابن الشيخ العلامة تاج الدين أبي محمد عبد الرحمن بن الشيخ الإمام المقرئ المفتي برهان الدين أبي إسحاق إبراهيم بن سباع بن ضياء الفزاري المصري الشافعي، ولد في ربيع الأول سنة ستين وستمئة، وسمع الحديث واشتغل على أبيه، وأعاد في حلقته وبرعَ وساد أقرانَه، وسائرَ أهل زمانه من أهل مذهبه في دراية المذهب ونقله وتحريره، ثم كان في منصب أبيه في التدريس بالبادرائية، وأشغل الطلبة بالجامع الأموي فانتفع به المسلمون، وقد عُرضت عليه المناصب الكبار فأباها، فمن ذلك أنه باشر الخطابة بعد عمه العلامة شرف الدين مدة ثم تركها وعاد إلى البادرائية، وعرض عليه قضاء قضاة الشام بعد ابن صَصْرَى وألحّ نائبُ الشام عليه بنفسه وأعوانه من الدَّولة فلم يقبل، وصمَّم وامتنع أشد الامتناع، وكان مقبلًا على شأنه عارفًا بزمانه مستغرقًا أوقاته في الاشتغال والعبادة ليلًا ونهارًا، كثير المطالعة وإسماع الحديث، وقد سمعنا عليه "صحيح مسلم" وغيره، وكان يدرّس بالمدرسة المذكورة، وله تعليق كثير على "التنبيه" ، فيه من الفوائد ما ليس يوجد في غيره، وله تعليق على "مختصر ابن الحاجب" في أصول الفقه، وله مصنفات في غير ذلك كبار. وبالجملة فلم أرَ شافعيًّا من مشايخنا مثلَه، وكان حسَن الشّكل عليه البهاء والجلالة والوقار، حسنَ الأخلاق، فيه حِدَّةٌ ثمَّ يعودُ قريبًا، وكرمُه زائد وإحسانه إلى الطلبة كثير، وكان لا يقتني شيئًا بل (٢) يصرف مرتّبه وجامكيَّة مدرسته في مصالحه، وقد درَّس بالبادرائية من سنة تسعين (٣) وستمئة إلى عامه هذا. توفي بُكرة يوم الجمعة سابع جمادى الأُولى بالمدرسة المذكورة، وصُلّي عليه عقب الجمعة بالجامع وحُملت جنازته على الرؤوس وأطراف الأَنامل، وكانت حافلةً، ودفن عند أبيه وعمِّه وذويه بباب الصَّغير رحمه اللَّه تعالى. الشَّيخ الإمام العالِم الزّاهد الوَرع: مجد الدين إسماعيل (٤) الحرَّاني (٥) الحنبلي، ولد سنة ثمان وأربعين وستمئة، وقرأَ القرآن (٦) وسمع الحديث في دمشق، حين انتقل [مع أهله إليها سنة إحدى
(١) ترجمته في الذيل (ص ١٦٠) وطبقات الشافعية (٦/ ٤٥) والفوات (١/ ٣٢) والدرر الكامنة (١/ ٣٤) والشذرات (٦/ ٨٨) والدارس (١/ ٢٠٨) ووفاته فيه بسنة (٧٢٨ هـ). (٢) في ط: و. (٣) في ط: سبعين وهو توهم، لأن ولادته سنة (٦٦٠ هـ). (٤) ترجمته في الذيل (ص ١٦١) وذيل طبقات الحنابلة (٢/ ٤٠٨) والدرر الكامنة (١/ ٣٧٧) والشذرات (٦/ ٨٩). (٥) في ب: إسماعيل بن محمد بن إسماعيل، وكذلك في الدليل، وزاد في الذيل والدرر والشذرات الفرّاء الحراني. (٦) في ط: القراءات.

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