Puis, durant les dix derniers jours de Dhu al-Ḥijja, l’ordre fut donné de tuer les chiens et un très grand nombre d’entre eux furent abattus. On les rassembla ensuite à l’extérieur de la porte as-Ṣaghīr, du côté de la porte Kayṣān (1), dans le fossé. On sépara les mâles des femelles pour qu’ils meurent rapidement et ne se reproduisent pas. Les charognes et les bêtes mortes leur étaient apportées. Ainsi, les gens furent soulagés de la souillure provoquée par l’eau et par les chiens, et les routes devinrent plus dégagées (2).
Le vendredi douze Ḏū al-Ḥijja, le Qāḍī al-Quḍāt (juge suprême) Sharaf ad-Dīn al-Mālikī assista à la cérémonie de prise de fonction à la Sumaysāṭiyya, après le décès du Qāḍī al-Quḍāt al-Qūnawī aš-Šāfiʿī. Son acte de nomination y fut lu en présence des notables, et il reprit alors ses anciennes attributions.
Parmi les notables décédés cette année : le shaykh, l’imam, le savant ascète, Muftī des musulmans (3) : Najm ad-Dīn Abū ʿAbd Allāh Muḥammad (4) ibn ʿAqīl ibn Abī al-Ḥasan ibn ʿAqīl al-Bālsī aš-Šāfiʿī, commentateur du “Tanbīh”. Né en l’an 660 de l’Hégire, il étudia le ḥadīth, se spécialisa dans le fiqh et d’autres disciplines, s’y illustrant brillamment. Il resta proche de Ibn Daqīq al-ʿĪd et le remplaça dans la fonction de juge. Il enseigna à la Madrasa al-Maġribiyya, à la Ṭaybarsiyya et à la grande mosquée du Caire. Il était reconnu pour sa vertu, sa piété et sa constance dans l’étude. Il mourut dans la nuit du jeudi quatorzième Muḥarram et fut enterré à la Qarāfa. Ses funérailles furent fort suivies, qu’Allah lui fasse miséricorde.
À également disparu l’émir Sayf ad-Dīn Qaṭlūbak aš-Šašnakīr (5) ar-Rūmī (6), l’un des plus éminents émirs, qui exerça à un moment la fonction de ḥujūbiyya. Il fut à l’origine de la construction du canal à Jérusalem. Il mourut le lundi sept Rabīʿ al-Awwal et fut inhumé dans son mausolée, au nord de Bāb al-Farādīs (7), réputé pour sa beauté. Son cortège funèbre, tenu à Sūq al-Ḫayl, compta la présence du nāʾib et de plusieurs émirs.
Quant au muḥaddith (traditionniste) du Yémen, il s’agit de : Sharaf ad-Dīn Aḥmad (8) ibn Faqīh Zabīd Abī al-Ḫayr (9) ibn Manṣūr aš-Šamāḫī al-Madhḥijī.