Le gouverneur de Damas l’accueillit et l’installa dans sa demeure située près de sa mosquée. Puis il se rendit en Égypte, où il resta environ quarante jours, avant de revenir à la lieutenance d’Alep.
Le dixième jour de Rajab, as-Sahib Taqi ad-Din ‘Umar (1), fils du vizir Shams ad-Din Ibn as-Sal‘ous (2), fut convoqué en Égypte, où il fut chargé de la supervision des dīwān (bureaux administratifs) jusqu’à sa mort survenue peu de temps après (3).
Le convoi partit le samedi, neuvième jour de Shawwāl, sous la direction de Sayf ad-Din Balṭi, avec pour juge Shihāb ad-Din al-Qaymari. Parmi les pèlerins se trouvait l’épouse du roi des émirs Tankiz, servie par le ṭawāshī (eunuque) Shibl ad-Dawla Kāfūr (4), ainsi que Ṣadr ad-Din al-Mālikī, Ṣalāḥ ad-Din, le fils du frère d’as-Sahib Taqi ad-Din Tūbah (5), son autre frère Sharaf ad-Din, le shaykh ‘Alī al-Maghribī, le shaykh ‘Abd Allāh al-Ḍarīr et plusieurs autres.
Le mercredi matin, treizième jour de Shawwāl (6), le cadi Ḍiyā’ ad-Din ‘Alī Ibn Salīm Ibn Rabī‘a (7) prit place pour rendre justice à la Grande ‘Adiliyya, en remplacement du cadi des cadis al-Qūnawī, succédant ainsi à al-Fakhr al-Miṣrī qui avait renoncé à ses fonctions le dix-neuvième jour de Ramaḍān de la même année.
Le vendredi, sixième jour de Dhū al-Qa‘da, après l’appel à la prière, un individu des mamelouks d’al-Jāwlī appelé Arṣā monta sur la chaire de la mosquée al-Ḥākim du Caire. Il prétendit être le Mahdī et prononça quelques brèves paroles rimées à la manière des devins, avant d’être démis de la chaire dans la plus grande humiliation, et ce, avant même l’arrivée de l’orateur dans ladite mosquée.
Au cours de Dhū al-Qa‘da, ainsi qu’aux périodes antérieures et postérieures, c’est-à-dire la fin de cette année et le début de la suivante, on élargit les routes et les marchés à l’intérieur et à l’extérieur de Damas. Des travaux eurent lieu, entre autres, au souk des armes, sur la chaussée, dans le grand marché, à Bāb al-Barīd, autour de la mosquée al-Qaṣab jusqu’à la Zanjabīliyya, et à l’extérieur de Bāb al-Jābiya jusqu’à la mosquée al-Dhubān (8). D’autres endroits jugés trop étroits pour le passage des gens (9) furent également aménagés, selon les ordres de Tankiz, qui ordonna de plus la réparation des canaux. Les habitants purent ainsi être soulagés des éclaboussures (10) d’eau mêlée d’impuretés.