De l’ensemble de ces éléments émane une brève biographie mentionnant ses mérites et ses vertus, son courage, sa générosité, ses conseils, son ascétisme, son adoration, ainsi que ses multiples sciences considérables et rédigées (1), et ses ouvrages (2), qu’ils soient volumineux ou de moindre taille, touchant à toutes les disciplines (3), ainsi que ses positions particulières dans les choix qu’il soutint par le Livre et la Sunna, et sur lesquels il émit des fatwas.
En somme, il fut – qu’Allah lui fasse miséricorde – l’un des grands savants, et l’un de ceux qui peuvent errer et avoir raison. Toutefois, ses erreurs, au regard de la justesse de ses vues, ne sont qu’une goutte dans un océan sans fond. Ses fautes lui sont également pardonnées, comme cela est rapporté dans le Sahîh al-Bukhârî (4) : « Si le juge s’efforce d’émettre un verdict et se trouve dans le vrai, il aura deux récompenses ; s’il s’efforce et se trompe, il en obtiendra une ». Il est donc rétribué. L’Imâm Mâlik ibn Anas a dit (5) : « Toute personne peut être contredite ou suivie dans ses dires, à l’exception de celui qui repose dans cette tombe ».
Le 26 de Dhû al-Qa‘da, le vice-sultan Sayf al-Dîn (6) Tankiz transféra ses biens et ses avoirs de Dâr al-Dhahab, à l’intérieur de Bâb al-Farâdîs, vers la demeure qu’il avait bâtie et que l’on nommait Dâr Fulûs. Elle fut alors appelée Dâr al-Dhahab. Il destitua son trésorier, Nâsir al-Dîn Muhammad ibn ‘Isâ, et installa à ce poste son mamelouk Abâhî.
Le douzième jour de Dhû al-Qa‘da, un torrent considérable dévasta la ville d‘Ajlûn du début de la matinée jusqu’au moment de la prière de l’après-midi, causant la destruction d’une partie importante de sa grande mosquée, de ses marchés, de ses boutiques et de ses maisons. Sept personnes y périrent noyées, et les pertes en biens, en récoltes, en marchandises et en bétail furent énormes, leur valeur étant estimée à un million de dirhams – Allah sait mieux. « Nous sommes à Allah et c’est à Lui que nous retournons. »
Le dimanche 18 Dhû al-Hijja, le juge shafi‘ite, le shaykh ‘Alâ’ al-Dîn al-Qûnawî, ordonna à l’ensemble des notaires de toutes les juridictions de laisser pendre sur leurs turbans des lanières (7) afin de les distinguer des gens du commun. Ils s’y conformèrent pendant quelques jours, mais, ressentant une gêne, ils obtinrent la permission de ne plus y recourir, tandis que certains continuèrent à le faire.
Le mardi 20 Dhû al-Hijja, on libéra le shaykh imâm, le savant érudit, al-‘Allâmah Abû ‘Abd Allâh Shams al-Dîn.