Un groupe de savants de son époque fit l’éloge de sa personne, de sa science et de ses vertus, parmi lesquels le qâdî al-Khûwî (1), Ibn Daqîq al-‘Îd, Ibn al-Naḥḥâs, le qâdî ḥanafî d’Égypte Ibn al-Ḥarîrî, Ibn al-Zamlakânî et d’autres.
J’ai trouvé, dans un écrit d’Ibn al-Zamlakânî, qu’il disait : « Les conditions de l’ijtihâd étaient parfaitement réunies en lui et il possédait une maîtrise remarquable dans la rédaction, la qualité d’expression, la clarté de la structure, la classification et l’explicitation (2). » Il annota l’un de ses ouvrages par ces vers :
« Que peuvent dire ceux qui le décrivent ? Ses attributs dépassent tout recensement.
Il est pour Dieu une preuve irrésistible, il est pour nous la merveille de son temps.
Il est un signe manifeste dans la création, dont les lumières surpassent celles de l’aube (3). »
Ce fut là un éloge à son égard alors qu’il avait environ trente ans. Nous avions, lui et moi, une amitié et une compagnie remontant à l’enfance, ainsi qu’une fréquentation dans la transmission du ḥadîth et la quête du savoir depuis près de cinquante (4) années. Il possédait de nombreuses vertus, et l’ensemble de ses écrits, de sa biographie, des événements survenus entre lui et les fuqahâ’ ainsi que les autorités, de ses multiples incarcérations et de ses circonstances diverses ne saurait être entièrement détaillé en (5) ce lieu.
Lorsque la mort l’emporta, j’étais absent de Damas, en route vers le Ḥijâz. Ce ne fut qu’après cinquante jours ou plus, lorsque nous parvînmes à Tabûk, que nous apprîmes la nouvelle de son décès. Cela suscita un profond chagrin en raison de sa perte – qu’Allah lui fasse miséricorde. Voilà ce qu’il dit textuellement à cet endroit dans son « Târîkh ».
Ensuite, Shaykh ‘Alam ad-Dîn, après avoir rapporté cette biographie, mentionna les funérailles d’Abû Bakr ibn Abî Dâwûd et leur imposante ampleur, ainsi que celles de l’imâm Aḥmad à Bagdad et leur renommée. Puis l’imâm Abû ‘Uthmân al-Ṣâbûnî déclara : « J’ai entendu Abû ‘Abd al-Raḥmân al-Siyûfî dire : “J’assistai aux funérailles d’Abû al-Fatḥ al-Qawwâs, l’ascète, en compagnie du shaykh Abû al-Ḥasan al-Dâraquṭnî. Lorsqu’il vit cette foule immense, il se tourna vers nous et nous dit : ‘J’ai entendu Abû Sahl ibn Ziyâd al-Qaṭṭân dire : j’ai entendu ‘Abdullâh ibn Aḥmad ibn Ḥanbal dire : j’ai entendu mon père dire : Dites aux gens de l’innovation : ‘Ce qui se trouve entre nous et vous, ce sont les funérailles.’” »
Il poursuivit : « Il ne fait aucun doute que les funérailles d’Aḥmad ibn Ḥanbal furent grandioses et impressionnantes, car les habitants de sa ville s’y massèrent en nombre, le respectaient et l’État le soutenait. Quant au shaykh Taqî al-Dîn ibn Taymiyya (qu’Allah lui fasse miséricorde), il mourut dans la ville de Damas, qui ne comptait pas alors le dixième de la population de Bagdad ; pourtant, les habitants s’y rassemblèrent pour ses funérailles en une foule telle que, même si un sultan tout-puissant ou une administration autoritaire avait voulu les réunir, ils n’auraient pu atteindre la multitude présente pour ses obsèques, ni l’ampleur de ce rassemblement. »