Il fut déchargé d’en assurer lui-même l’exercice, et il fut établi que sa rétribution concernerait la fonction de juge des armées et de représentant (wakâla). On les honora tous deux en leur remettant des robes à cette occasion.
Le mardi vingt-troisième de Rajab, il fut ordonné que les trois imams – le hanafite, le malékite et le hanbalite – célébreraient la prière le long du mur méridional (qibli) de la grande mosquée des Omeyyades. Ainsi, le nouveau mihrab situé entre la porte de l’extension (Bâb al-Ziyâda) et la maqṣûra fut attribué à l’imam hanafite, le mihrab des Compagnons fut attribué au malékite, et le mihrab de la maqṣûra al-Khaḍir, où priait auparavant l’imam malékite, fut attribué au hanbalite. L’imam du mihrab des Compagnons reçut pour compensation la khallâsa. Auparavant, lors des travaux de rénovation, le mihrab des hanafites se trouvait dans la maqṣûra qui leur était réservée et le mihrab des hanbalites était situé derrière eux, dans la troisième galerie occidentale, tous deux entre les colonnes. On démonta alors ces mihrabs et on les dédommagea en leur attribuant des mihrabs fixes sur le mur méridional, et cette disposition devint définitive.
Le vingtième de Shaʿbân, on arrêta l’émir Tamurtâsh b. Jûbân – celui qui s’était enfui auprès du sultan an-Nâṣir en Égypte avec plusieurs de ses compagnons – et on les incarcéra dans la citadelle du Caire. Puis, le deuxième jour de Shawwâl, on annonça sa mort. On raconte que le sultan l’avait fait exécuter et avait envoyé sa tête à Abû Saʿîd, fils de Khurbandâ, souverain tatar d’Irak.
Le lundi deuxième de Shawwâl, la caravane syrienne pour le pèlerinage (rukb) partit, sous le commandement de Fakhr al-Dîn ʿUthmân ibn l’émir Shams ad-Dîn Luʾluʾ al-Ḥalabî, l’un des émirs de Damas, accompagné du juge suprême hanbalite ʿIzz ad-Dîn ibn at-Taqî Sulaymân. Parmi ceux qui accomplirent alors le pèlerinage se trouvaient l’émir Ḥusâm ad-Dîn ash-Shubmaqdâr, l’émir Qabjaq, l’émir Ḥusâm ad-Dîn ibn an-Najîbî, Taqî ad-Dîn ibn as-Salʿûs, Badr ad-Dîn ibn aṣ-Ṣâʾigh, les deux fils de Jahbal, al-Fakhr al-Miṣrî, le shaykh ʿAlam ad-Dîn al-Barzâlî ainsi que Shihâb ad-Dîn aṭ-Ṭâhirî.
La veille, le juge Jamâl ad-Dîn al-Manfalûṭî, qui exerçait la magistrature à Baʿlabakk au nom de son maître, le juge suprême ʿAlâʾ ad-Dîn al-Qûnawî, avait siégé à Damas à sa place. Il était apprécié pour sa bonne conduite, et les habitants de Baʿlabakk se lamentèrent de son départ. Il rendit justice à Damas en lieu et place d’al-Qûnawî, celui-ci ayant l’intention de partir en pèlerinage. Lorsque al-Fakhr revint du pèlerinage, il reprit ses fonctions judiciaires, tandis que al-Manfalûṭî continua lui aussi à juger. Ils furent donc trois suppléants : Ibn Jumla, al-Fakhr al-Miṣrî et Jamâl ad-Dîn al-Manfalûṭî.
Le vingt-deux de Shawwâl, le juge Muʿîn ad-Dîn ibn al-Ḥashîshî se rendit au Caire pour remplacer le juge Fakhr ad-Dîn, secrétaire des Mamelouks, jusqu’à son retour du Ḥijāz. Une fois arrivé, il fut nommé chambellan (ḥâjib) du dîwân de l’armée.