Les deux parties nord (الشماليتين) existaient depuis l’Antiquité, et il n’en subsistait, depuis plusieurs millénaires, que la base de ce minaret occidental au nord, ce qui fut d’un grand secours pour la reconstruction rapide de ce mur. Il est remarquable que l’administrateur de la mosquée, Ibn Marâjil, n’ait privé aucun des titulaires de postes rémunérés par la mosquée de quoi que ce fût malgré ces travaux (1).
Dans la nuit du samedi, cinquième jour de Jumâdâ al-awwal, un incendie violent se déclara chez les Farrâ’în (2) et se propagea jusqu’aux Rammâhîn ; la qaysâriyya et la mosquée qui s’y trouvaient furent détruites, et la population perdit d’importantes quantités de fourrures, de draps et d’étoffes. « Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que nous revenons » (3).
Le vendredi dixième du mois, après la prière, on célébra la prière funéraire pour le qâdî Shams al-Dîn Ibn al-Harîrî, juge hanafite en Égypte, et on accomplit pour lui la prière funéraire dite « de l’absent » (salât al-ghâ’ib) à Damas. Ce même jour, arriva le courrier mandatant Burhân al-Dîn Ibn ‘Abd al-Haqq al-Hanafî (4) en Égypte pour y occuper les fonctions de juge à la suite d’Ibn al-Harîrî. Il se mit en route et parvint au Caire le vingt-cinq Jumâdâ al-awwal ; il y rencontra le sultan, qui le nomma juge, l’honora, lui remit une khil‘a (habit d’honneur) ainsi qu’une mule (5) munie d’un « zunnârî », puis il officia comme magistrat à la madrasa al-Ṣalâhiyya en présence des juges et des chambellans. Tous les postes d’Ibn al-Harîrî lui furent attribués.
Le lundi neuf Jumâdâ al-âkhir, on saisit chez le shaykh Taqî al-Dîn Ibn Taymiyya tous ses livres, ses feuilles, son encrier et sa plume, et il lui fut interdit de consulter tout ouvrage. Ses livres furent ensuite transportés au début de Rajab à la bibliothèque de l’‘Âdiliyya al-kubrâ. [Al-Barzâlî déclare : « Il y avait environ soixante volumes et quatorze liasses de fascicules ; les juges et les fuqahâ’ (juristes) les examinèrent et se les répartirent »] (6). La cause en fut sa réponse à la réfutation de Taqî Ibn al-Akhna’î al-Mâlikî sur la question de la ziyâra [Ibn Taymiyya rétorqua en le traitant d’ignorant et en disant qu’il était peu instruit] (6). L’Akhna’î se tourna alors vers le sultan pour s’en plaindre, [et le sultan ordonna la saisie de tout ce qu’il détenait, ce qui fut fait comme indiqué] (6).
À la fin de ce même mois, il fut décrété qu’Alâ’ al-Dîn Ibn al-Qalânsî (7) occuperait la charge du dost à la place de son frère Jamâl al-Dîn (8), par déférence envers lui.