Il en améliora également l’aspect et en constitua un waqf, y réserva des locaux précis et y installa des maîtres ainsi que des étudiants, comme on en donnera le détail en son endroit.
De retour d’Égypte, il passa par la Noble Jérusalem, la visita et ordonna qu’on y construise un hammam, une madrasa, une dâr al-ḥadîth, ainsi qu’une khanqah, comme cela sera expliqué plus loin.
À la fin de Rabîʿ al-Awwal, le canal que Sayf ad-Dîn Tankiz Qutlubak avait ordonné de restaurer et de remettre en service parvint à Jérusalem. Il en dirigea les travaux avec les gouverneurs de la région; les musulmans s’en réjouirent. L’eau pénétra jusqu’au cœur même de la mosquée al-Aqsâ où l’on aménagea un vaste bassin, revêtu de marbre, entre le Rocher et la mosquée. Les travaux avaient débuté en Shawwâl de l’année précédente. Durant cette même période furent restaurés les toitures, les portiques et les portes de la Mosquée sacrée à La Mecque, et l’on y construisit, du côté de Bâb Banî Shaybah, un lieu d’ablutions.
Al-Barzalî rapporte : ce mois-là fut achevée la construction du hammam du souk de Bâb Tûmâ, doté de deux portes.
En Rabîʿ ath-Thânî, on démolit le revêtement de marbre ornemental qui se trouvait sur la face occidentale du mur méridional de la Grande Mosquée de Damas, du côté de Bâb az-Ziyâda. Le mur se révélant incliné, l’on craignit qu’il ne s’effondre. Tankiz se rendit personnellement sur place, accompagné des juges et des experts ; tous convinrent de le démolir puis de le réparer. C’était le vendredi 27 Rabîʿ ath-Thânî, après la prière. Le vice-roi écrivit au sultan pour l’informer et solliciter l’autorisation de rebâtir ; l’ordre arriva et l’on commença la démolition le vendredi 15 Jumâdâ al-Ûlâ, puis la reconstruction le dimanche 9 Jumâdâ ath-Thâniyya. On édifia un miḥrâb, entre Bâb az-Ziyâda et la tribune du prêche, qui rappelait le miḥrâb des Compagnons. Les travaux furent menés avec zèle ; nombre de fidèles se portèrent volontaires, de sorte que plus de cent ouvriers y œuvraient chaque jour. Le mur, avec ses arcades et sa toiture, fut complètement restauré le 20 Rajab, grâce au dévouement de Taqî ad-Dîn ibn Marâjil. L’affaire est remarquable : abattre le mur et la charpente qui le surplombait puis les rebâtir dans un délai si court semblait impensable. À cette rapidité contribua la découverte de pierres dans les fondations de l’ancien minaret occidental, près de la Ghazâliyya. Jadis, chacune des quatre angles de ce sanctuaire possédait un minaret comme ceux de l’ouest, de l’est et des deux côtés méridionaux, mais ceux-ci furent détruits.