Le mercredi 2 muḥarram, le shaykh, ḥāfiẓ Ṣalāḥ ad-Dīn al-ʿAlāʾī (1) dispensa la leçon dans la ḥalaqa du seigneur de Ḥimṣ. Notre maître, le ḥāfiẓ al-Mizzī, la lui céda ; les fuqahāʾ et les notables y assistèrent, et il prononça un cours beau et profitable.
Le vendredi 4 muḥarram, le qāḍī al-quḍāt ʿAlāʾ ad-Dīn al-Qūnawī (2) prit possession de la charge de shaykh al-shuyūkh à la Sumaysāṭiyya, en remplacement du qāḍī mālikī Sharaf ad-Dīn (3). Les juristes et les soufis assistèrent à la séance, selon l’usage.
Le dimanche 18 ṣafar, Taqī ad-Dīn ʿAbd ar-Raḥmān, fils du shaykh Kamāl ad-Dīn ibn az-Zamlakānī, dispensa la leçon à la Madrasa Masrūriyya, à la place de Jamāl ad-Dīn ibn ash-Sharīshī, ce dernier ayant été affecté au poste de qāḍī de Ḥimṣ. Les gens assistèrent à son cours et invoquèrent la miséricorde d’Allāh pour son père (4).
Le dimanche 25 ṣafar, arriva à Damas l’éminent émir, maître des pays du Rūm, Tamurtāsh ibn Jūbān, en route pour l’Égypte. Le vice-sultan et l’armée sortirent à sa rencontre. C’était un jeune homme de belle prestance, parfait de taille et d’un visage avenant. Parvenu auprès du sultan en Égypte, celui-ci l’honora, lui fit don d’un millier (de dinars) et répartit ses compagnons entre les émirs, lesquels les comblèrent d’égards. La raison de sa venue en Égypte (5) était que le souverain d’ʿIrāq, le roi Abū Saʿīd, avait tué son frère Khwājah Dimashq (6) au mois de shawwāl de l’année précédente. Son père Jūbān avait alors résolu de combattre le sultan Abū Saʿīd, sans toutefois pouvoir y parvenir, Jūbān étant alors administrateur des royaumes. Tamurtāsh, craignant alors le sultan, s’enfuit pour sauver sa vie auprès du sultan an-Nāṣir en Égypte.
Au rabīʿ al-awwal, le vice-roi de Shām, Sayf ad-Dīn Tankiz, se rendit en terre d’Égypte pour rendre visite au sultan, lequel l’honora et le combla d’égards. Au cours de ce voyage, il acheta la Dār al-Fulūs, située près du quartier des Bazūriyyīn et des Jawziyya, à l’est. Le marché des Bazūriyyīn se nomme aujourd’hui Souq al-Qamḥ (le marché du blé). Il acquit cette demeure, la transforma en une résidence grandiose – il n’y a point de maison plus belle à Damas – et la nomma « Dār adh-Dhahab », la Maison d’Or. Il fit démolir le ḥammām Suwayd, qui lui faisait face, et le convertit en une maison dédiée au Coran et au ḥadith, d’une magnificence extrême.