Cette année-là, la charge de qâḍî d’Alep fut assumée, en remplacement d’Ibn az-Zamlakânî, par le juge Fakhr ad-Dîn al-Bârazî.
Au cours des dix premiers jours de Dhû l-Ḥijja, l’achèvement de la restauration du sanctuaire omeyyade – plus précisément de son mur septentrional – fut mené à terme. Tankiz se rendit sur place, l’examina et s’en trouva satisfait ; il remercia alors son intendant, Taqiyy ad-Dîn ibn Marâjil.
Le jour de l’Aïd al-Aḍḥâ, un torrent d’une ampleur inouïe déferla sur la ville de Bilbays ; ses habitants prirent la fuite, si bien que la prière de l’Aïd et l’immolation des sacrifices y furent interrompues. On n’avait rien vu de comparable depuis de longues années ; le flot détruisit nombre de quartiers habités et de vergers. « Certes, nous appartenons à Allah et c’est vers Lui que nous retournons. »
Parmi les notables décédés au cours de cette année :
– L’émir Abû Yaḥyâ : Zakariyyâ ibn Aḥmad ibn Muḥammad ibn ʿAbd al-Wâḥid ibn Abî Ḥafṣ al-Hintânî [al-Liḥyânî] al-Maghribî, émir des contrées du Maghreb. Né à Tunis avant 650 H, il étudia le fiqh et la langue arabe. Les souverains de Tunis le tenaient en grande estime, car il appartenait à une lignée de royauté, d’émirat et de vizirat. Les habitants de Tunis lui prêtèrent serment d’allégeance en l’an 711 H. Courageux et entreprenant, il fut le premier à abolir la mention d’Ibn Tûmart dans le khuṭba, bien que son grand-père Abû Ḥafṣ al-Hintâtî eût compté parmi les plus proches compagnons d’Ibn Tûmart. Il mourut au mois de Muḥarram de cette année, à Alexandrie. Raḥimahu Llâh.
– Le shaykh vertueux, ascète : Ḍiyâʾ ad-Dîn Abû l-Fidâʾ Ismâʿîl ibn ʿUmar – Raḍiyy ad-Dîn Abû l-Faḍl al-Muslim ibn al-Ḥasan ibn Naṣr ad-Dimashqî –, connu sous le nom d’Ibn al-Ḥamawî. Lui-même, son père et son grand-père comptaient parmi les secrétaires (kuttâb) célèbres et appréciés. Quant à lui, il se distinguait par l’abondance de sa récitation du Coran, sa prière, son jeûne, sa piété, sa charité et sa bienfaisance à l’égard des pauvres comme des riches.