Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Après la prière de l’ʿAṣr, on ferma la porte de la ville. Les habitants dirent alors : « Nous avons des biens et des esclaves à l’extérieur de la cité, et tu as fermé la porte avant l’heure. » On la rouvrit, et la population se précipita dehors en une foule dense ; près d’une dizaine de personnes furent tuées, des turbans, des vêtements et d’autres biens furent pillés. Cela se produisit dans la nuit du vendredi. À l’aube, les gens se rendirent à la demeure du gouverneur, l’incendièrent ainsi que trois maisons appartenant à certains oppresseurs. Les événements prirent une tournure grave : des lieux furent mis à sac, la populace brisa la porte de la prison du gouverneur et en libéra les détenus.

La nouvelle parvint alors au vice-roi ; croyant qu’il s’agissait de la prison où étaient incarcérés les émirs, il ordonna de passer les habitants au fil de l’épée et de ravager la ville. Lorsque le rapport parvint au sultan, celui-ci dépêcha sans tarder le ministre Mughlatāy al-Jamālī : il infligea des coups et des confiscations, frappa le qāḍī et son suppléant, les destitua, humilia nombre de notables en leur imposant d’énormes amendes. Le gouverneur fut démis puis rétabli. Par la suite, la charge de juge fut confiée à ʿAlam al-Dīn al-Akhnaʾī al-Shāfiʿī, qui occupera plus tard le poste à Damas. Les juges mālikites d’Alexandrie et leurs adjoints furent révoqués ; on leur passa des chaînes au cou et ils furent outragés, tandis qu’Ibn al-Tanīsī reçut plusieurs bastonnades.

Le samedi dix de Shaʿbān, le juge des juges d’Alep, Kamāl al-Dīn Ibn al-Zamlakānī, arriva à Damas par courrier rapide ; il y séjourna quatre jours puis se rendit en Égypte afin d’être intronisé juge des juges de la Syrie en présence du sultan. Or il mourut avant d’atteindre Le Caire : « On plaça alors une barrière entre eux et ce qu’ils désiraient, comme on en avait fait à leurs pareils auparavant ; ils étaient, en vérité, plongés dans un doute profond » (Sabaʾ, 54).

Le vendredi vingt-six de Shaʿbān, Ṣadr al-Dīn, de rite mālikite, assuma la fonction de Shaykh al-Shuyūkh en plus de celle de juge des juges des mālikites ; la population se réunit auprès de lui et son acte de nomination fut lu, à la suite du départ du Zurʿī pour l’Égypte.

(1) Dans B : avant son temps. (2) Dans Ṭ : Biens. (3) Arghoun. (4) Dans A : Ṭubnāghā et dans Ṭ : Ṭaybughā. C’est une erreur d’interprétation, la bonne version est celle que nous avons établie dans B, qui est également présente dans ad-Durar al-Kāmina (4/354) et al-Dalīl al-Shāfī (2/738). Il s’agit de Mughltāy b. ʿAbd Allāh al-Jammālī, connu sous le nom de Khazar, décédé en revenant du Ḥijāz en l’an 732 H. (5) Dans Ṭ : Bahāʾ al-Dīn, ce qui est une erreur. (6) Il s’agit de Muḥammad b. Abī Bakr b. ʿĪsā b. Badrān b. Raḥma al-Akhnāʾī al-Saʿdī al-Shāfiʿī, ʿAlam al-Dīn, décédé en 732 H. (7) Dans Ṭ : as-Sunnī, et al-Tīnīsī est le représentant (nāʾib) du juge. (8) al-Dhayl (pp. 150-151). (9) N’est pas dans Ṭ. (10) Il est mort à Bilbīs, comme indiqué dans al-Dhayl (p. 151) et ad-Durar al-Kāmina (4/75). (11) Il s’agit de Sulaymān b. ʿAbd al-Ḥalīm al-Ghumārī. Il a été dit qu’il s’agissait d’Ibn ʿAbd al-Ḥakīm. ad-Durar al-Kāmina (2/248), al-Wafayāt d’Ibn Rāfiʿ (2/78). Décédé en 749 H.
باب البلد بعد العصر (١) ، فقال له الناس: إن لنا أموالًا وعبيدًا ظاهر البلد وقد أَغْلقت الباب قبل وقته. ففتحه، فخرج الناس في زحمة عظيمة، فقُتل منهم نحو عَشَرةٍ، ونُهبت عمائم وثياب وغير ذلك، وكان ذلك ليلة الجمعة، فلمّا أصبح الناس ذهبوا إلى دار الوالي فأحرقوها وثلاث دور لبعض الظَّلمة، وجرت أحوالٌ صعبة، ونهب أماكن (٢) ، وكسرت العامة بابَ سجن الوالي فخرج منه من فيه، فبلغ نائب السَّلطنة (٣) فاعتقد النائب أنَّه السِّجنُ الذي فيه الأمراء، فأمر بوضع السيف في البلد وتخريبه، ثم إنَّ الخبر بلغ السُّلطان فأرسل الوزير مُغْلَطَاي (٤) الجمالي سريعًا فضرب وصادر، وضرب القاضي ونائبَه وعزلَهُم، وأهان خلقًا من الأكابر وصادرهم بأموال كثيرة جدًّا، وعزل المتولِّي ثم أُعيد، ثم تولّى القضاء بها (٥) علم الدين الأَخْنائي (٦) الشافعي الذي تولَّى دمشقَ فيما بعدُ، وعزل قضاة الإسكندرية المالكي ونائباه، ووضعت السَّلاسل في أعناقهم وأهينوا، وضرب ابن التّنيسي (٧) غير مرة (٨) . وفي يوم السبت عشري شعبان وصل إلى دمشقَ قاضي قضاة حلبَ كمال الدين (٩) بنُ الزَّمْلَكاني على البريد فأقام بدمشقَ أربعةَ أيام ثم سار إلى مصرَ ليتولى قضاء قضاة الشام بحضرة السُّلطان، فاتَّفق موتُه قبل وصوله إلى القاهرة (١٠) : ﴿وَحِيلَ بَيْنَهُمْ وَبَيْنَ مَا يَشْتَهُونَ كَمَا فُعِلَ بِأَشْيَاعِهِمْ مِنْ قَبْلُ إِنَّهُمْ كَانُوا فِي شَكٍّ مُرِيبٍ﴾ [سبأ: ٥٤] . وفي يوم الجمعة سادس عشري شعبان باشر صدر الدين المالكي (١١) مشيخة الشيوخ مضافًا إلى قضاء قضاة المالكية، وحضَر الناس عنده، وقُرئ تقليده بذلك بعد انفصال الزُّرعي عنها إلى مصر.
(١) في ب: قبل وقته. (٢) في ط: أموال. (٣) أَرْغون. (٤) في أ: طبنغا وفي ط: طيبغا. وهو توهم، والصواب ما أثبتنا من ب وهو كذلك في الدرر الكامنة (٤/ ٣٥٤) والدليل الشافي (٢/ ٧٣٨) وهو مغلطاي بن عبد الله الجمالي المعروف بخزر، مات عائدًا من الحجاز سنة (٧٣٢ هـ). (٥) في ط: بهاء الدين، وهو توهم. (٦) وهو: محمد بن أبي بكر بن عيسى بن بدران بن رحمة الأخنائي السعدي الشافعي علم الدين، مات سنة (٧٣٢ هـ). (٧) في ط: السني، والتنيسي هو نائب القاضي. (٨) الذيل (ص ١٥٠ - ١٥١). (٩) ليست في ط. (١٠) مات ببلبيس كما في الذيل (ص ١٥١) والدرر الكامنة (٤/ ٧٥). (١١) هو: سليمان بن عبد الحليم الغُمَاري. وقيل ابن عبد الحكيم. الدرر الكامنة (٢/ ٢٤٨) الوفيات لابن رافع (٢/ ٧٨). مات سنة (٧٤٩ هـ).

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