Là se trouvait en fonction Muḥyî ad-Dîn at-Ṭarâbulusî, juge de Ḥiṣn ʿAkkâr, surnommé Abû Rabâḥ, et le qâḍî shaféʿite assista à l’audience.
Au mois de Dhû al-Qaʿda, le juge Jamâl ad-Dîn az-Zuraʿî quitta la madrasa al-Atâbakiyya pour se rendre en Égypte et céda sa chaire d’enseignement à Muḥyî ad-Dîn Ibn Jahbal.
Le douzième jour de Dhû al-Ḥijja, le fils du qâḍî de Zabadânî donna cours à la Najîbiyya en remplacement du Damascain, vice-juge, et mourut dans ladite madrasa.
Parmi les notables décédés cette année-là :
– Ibn al-Muṭahhar le chiite, Jamâl ad-Dîn Abû Manṣûr Ḥusayn ibn Yûsuf ibn Muṭahhar al-Ḥillî, Irakien, chef des Râfiḍah dans ces contrées. Il laissa de nombreux ouvrages – l’on dit plus de cent vingt volumes, correspondant à cinquante-cinq titres – touchant au fiqh, aux uṣûl, à la grammaire, à la philosophie, au rafḍ et à d’autres disciplines, de grande ou de petite taille. Le plus célèbre auprès des étudiants est son « Commentaire d’Ibn al-Ḥâjib » en uṣûl al-fiqh, qui n’a toutefois rien d’exceptionnel. J’ai vu de lui deux volumes de uṣûl al-fiqh composés selon la méthode du Maḥṣûl et des Aḥkâm ; ils sont acceptables, contenant de nombreuses citations et de bonnes analyses. Il rédigea encore « Minhâj al-istiqâma fî ithbât al-imâma », ouvrage dans lequel il se fourvoya, tant dans la raison que dans la transmission, s’écartant de la droiture. Le shaykh, l’imâm, l’érudit, Shaykh al-Islâm Taqî ad-Dîn Abû al-ʿAbbâs Ibn Taymiyya entreprit de lui répondre dans plusieurs volumes, où il exposa des matières admirables qui éblouissent les esprits ; c’est un ouvrage volumineux.
Ibn al-Muṭahhar – dont les dispositions ne furent point purifiées et qui ne se purifia pas de la souillure du rafḍ – naquit la nuit du vendredi vingt-sept Ramadan 648 H et mourut la nuit du vendredi vingt Muḥarram de cette année. Il étudia à Bagdad et ailleurs, auprès de Naṣîr aṭ-Ṭûsî et d’autres. Lorsque le roi Khurbanda adopta le rafḍ, Ibn al-Muṭahhar gagna sa faveur, connut une grande considération et reçut de vastes fiefs.
– Ash-Shams al-Kâtib : Muḥammad ibn Asad al-Ḥarrânî, connu sous le nom d’an-Najjâr, [il s’asseyait pour écrire pour les gens…]