ad-Dîn al-Qazwînî arriva, porteur de présents, de cadeaux et de divers documents concernant l’émir Sayf ad-Dîn Arghûn, vice-roi d’Égypte, lequel accomplit le pèlerinage, cette même année, accompagné de ses fils et de l’épouse – la fille du sultan – de l’un d’eux.
Entreprirent également le pèlerinage Fakhr ad-Dîn, fils du shaykh de Salamiya, Ṣadr ad-Dîn al-Mâlikî, Fakhr ad-Dîn al-Baʿlabakkî, ainsi que d’autres notables.
Le mercredi 10 Dhû l-Qaʿda, Burhân ad-Dîn Aḥmad b. Hilâl az-Zurʿî – ḥanbalite – dispensa la leçon à la Madrasa Ḥanbalîya à la place de Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya. Le juge chaféite, entouré d’un groupe de juristes, y assista, chose qui blessa nombre des disciples du shaykh Taqî ad-Dîn. Auparavant, Ibn al-Khaṭîrî, le chambellan, s’était rendu auprès de Taqî ad-Dîn, s’était entretenu avec lui et l’avait interrogé, sur ordre du vice-roi, à propos de diverses questions.
Le jeudi suivant, le qâḍî Jamâl ad-Dîn b. Jumla et Nāṣir ad-Dîn, inspecteur des waqf, se présentèrent à lui pour l’interroger sur le sens de ses propos relatifs à la question de la ziyâra (la visite des tombes). Il consigna sa réponse par écrit sur un rouleau. Au bas du document, le juge des chaféites de Damas nota : « J’ai collationné la réponse à cette question, rédigée de la main d’Ibn Taymiyya, et elle est correcte, jusqu’à ce qu’il y dise : “Le point litigieux est qu’il a considéré la visite de la tombe du Prophète ﷺ et des tombes des prophètes, paix et salut sur eux, comme un acte unanimement déclaré illicite.” »
Considérez donc cette déformation attribuée au Shaykh al-Islâm ! Sa réponse ne contient nullement l’interdiction de visiter les tombes des prophètes et des vertueux ; il s’y borne à exposer deux avis concernant le fait de préparer une monture et d’entreprendre un voyage pour la seule visite des tombes. Visiter les tombes sans se déplacer spécialement à cette fin constitue une question, tandis que préparer un voyage uniquement pour la visite en est une autre. Le shaykh n’a jamais défendu la visite dépourvue d’un tel déplacement ; bien au contraire, il la recommande et y encourage, et ses écrits comme ses manāsik en témoignent. Dans cette fatwā, il n’a pas abordé la visite sous cet angle, ne l’a pas qualifiée de désobéissance et n’a rapporté aucun consensus allant dans ce sens. Il n’ignore pas, d’ailleurs, la parole du Messager d’Allah ﷺ : « Visitez les tombes, car elles vous rappellent l’au-delà. » Allah, exalté soit-Il, ne méconnaît rien, et ceux qui commettent l’injustice sauront bientôt vers quel retour ils se dirigent (Coran 26 : 227).
Le dimanche 14 Dhû l-Qaʿda, on inaugura la Madrasa Ḥimṣiyya, située face à la Shâmiyya al-Jawâniyya, et l’on y dispensa l’enseignement