Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Son arrestation ainsi que l’interdiction qui lui fut imposée de délivrer des fatwâs eurent pour cause un avis juridique retrouvé de sa propre main, dans lequel il proscrivait le voyage et l’acheminement des montures uniquement en vue de la visite des tombes des Prophètes – paix et salut sur eux – et des tombes des pieux.

Le narrateur poursuit : Le mercredi, au milieu du mois de Shaʿbân, le juge suprême shaféite ordonna l’incarcération d’un groupe de disciples du shaykh Taqî ad-Dîn dans la prison d’al-Ḥukm, en exécution d’un décret émanant du vice-sultan qui l’y autorisait, conformément à ce qu’exigeait la Sharîʿa à leur sujet. Plusieurs d’entre eux reçurent le châtiment de la flagellation, furent promenés sur des montures et l’on proclama leurs noms, avant qu’ils ne soient relâchés, à l’exception de Shams ad-Dîn Muḥammad ibn Qayyim al-Jawziyyah, qui fut détenu dans la Citadelle. L’affaire demeura ensuite en suspens.

Le narrateur dit encore : Au premier jour de Ramaḍân, la nouvelle parvint à Damas qu’une source d’eau avait été amenée jusqu’à La Mecque – qu’Allâh lui accorde encore plus de noblesse – et que les gens en tiraient un immense profit. Il s’agit de la source anciennement connue sous le nom de ʿAyn Bâdhân, que Jûbân fit conduire depuis des contrées lointaines jusqu’au cœur même de La Mecque, atteignant le Ṣafâ et la porte d’Ibrâhîm. Les gens, pauvres comme riches, faibles comme notables, s’y abreuvèrent à parts égales, et les habitants de La Mecque en tirèrent un grand avantage – louange et grâce à Allâh. Les travaux de creusement et de réfection avaient commencé au début de cette année jusqu’à la dernière décade de Jumâdâ al-Uwlâ. Il se trouva qu’au cours de l’année les puits de La Mecque s’étaient asséchés et que l’eau s’y faisait rare, même l’eau de Zamzam. N’eût été la bienveillance qu’Allâh – Exalté soit-Il – manifesta envers les gens en faisant couler ce canal, les habitants auraient dû quitter La Mecque, ou bien nombre de ceux qui y résident seraient morts. Quant aux pèlerins durant la saison, ils en retirèrent un confort indescriptible, ainsi que nous l’avons nous-mêmes constaté en l’an trente-et-un, l’année où nous avons accompli le pèlerinage.

Un rescrit du sultan parvint à son lieutenant à La Mecque, ordonnant l’expulsion des Zaydîs de la Mosquée sacrée, stipulant qu’ils n’y auraient ni imâm ni rassemblement ; l’ordre fut exécuté.

Le mardi quatrième Shaʿbân, Shihâb ad-Dîn Aḥmad ibn Jahbal donna cours à l’école ash-Shâmiyyah al-Jawâniyyah, en présence du juge al-Qazwînî, shaféite, et d’un groupe de savants, remplaçant le shaykh Amîn ad-Dîn Sâlim ibn Abî ad-Dur, imâm de la mosquée Ibn Hishâm, décédé.

Quelques jours plus tard, un décret de nomination au poste de juge shaféite arriva ; il prit ses fonctions le vingt Ramaḍân.

Le dix Shawwâl, le convoi du pèlerinage syrien partit, sous le commandement de Sayf ad-Dîn Jûbân.

Cette même année accomplirent le pèlerinage le qâḍî Shams ad-Dîn ibn Muslim, juge suprême des ḥanbalites, ainsi que Badr ad-Dîn, fils du juge suprême Jalâl.

(1) Non présent dans la version imprimée. (2) Dans la version imprimée : ce dont il se sert pour asseoir cela. (3) Dans al-Durar al-Kāmina (1/541) : la tradition est mentionnée dans la biographie de Jūbān al-Nawwān al-Kabīr, gouverneur du royaume al-Qāniyya, qui a détourné cette eau. (4) Dans le Souq al-Fusqār, construit par le juge Badr al-Dīn ibn Muzhir. Voir al-Dāris (1/306). (5) C’est Jūbān al-Mansūrī parmi les mamelouks d’al-Ashraf. Il est décédé en 728 de l’Hégire.
باعتقاله ومنعه من الفُتيا، وهذه الواقعة سببُها فُتيا وجدت بخطه في المنع من (١) السفر وإعمال المطيّ إلى زيارة قبور الأنبياء عليهم الصلاة والسلام، وقبور الصّالحين. قال: وفي يوم الأربعاء منتصف شعبانَ أمر قاضي القضاة الشافعي بحبس جماعة من أصحاب الشيخ تقي الدين في سجن الحكم، وذلك بمرسوم نائب السّلطنة وإذنه له فيه، فيما تقتضيه الشّريعة في أمرهم، وعُزّر جماعة منهم على دواب ونُودي عليهم ثُمّ أُطلقوا، سوى شمس الدين محمد بن قيّم الجَوْزية فإنه حُب بالقلعة، وسكتت القضية. قال: وفي أول رمضانَ وصلت الأخبار إلى دمشقَ أنه أُجريت عين ماء إلى مكة شرّفها الله وانتفع الناس بها انتفاعا عظيمًا، وهذه العين تُعرف قديمًا بعين باذان، أجراها جُوْبان من بلاد بعيدة حتى دخلت إلى نفس مكة، ووصلت إلى عند الصَّفَا وباب إبراهيم، واستقى النّاسُ منها فقيرُهم وغنيُّهم وضعيفهم وشريفهم، كلهم فيها سواء، وارتفق أهلُ مكة بذلك رفقًا كثيرًا ولله الحمد والمنة. وكانوا قد شرعوا في حفرها وتجديدها في أوائل هذه السنة إلى العشر الأخير من جُمادى الأولى، واتفق أن في هذه السنة كانت الآبار التي بمكة قد يبست وقلَّ ماؤها، وقلَّ ماء زمزم أيضًا، فلولا أن الله تعالى لطف بالناس بإجراء هذه القناة لنزح عن مكَّة أهلُها، أو هَلَك كثيرٌ ممّن يُقيم فيها (٢) . وأما الحجيج في أيام الموسم فحصل لهم بها رفق عظيم زائد عن الوصف، كما شاهدنا ذلك في سنة إحدى وثلاثين عام حَجَجْنَا (٣) . وجاء كتاب السلطان إلى نائبه بمكة بإخراج الزَّيديين من المسجد الحرام، وأن لا يكون لهم فيه إمام ولا مجتمع، ففعل ذلك. وفي يوم الثلاثاء رابع شعبانَ درَّس بالشَّامية الجوّانية شهابُ الدين أحمد بن جهبل، وحضر عنده القاضي القزويني الشافعي وجماعة، عوضًا عن الشيخ أمين الدين سالم بن أبي الدُّر إمام مسجد ابن هشام (٤) ، توفي. ثم بعد أيام جاء توقيع بولاية القاضي الشافعي فباشرها في عشرين رمضانَ. وفي عاشر شوال خرج الركب الشامي وأميره سيف الدين جوبان (٥) . وحجَّ عامئذٍ القاضي شمس الدين بن مسلم قاضي قضاة الحنابلة، وبدر الدين ابن قاضي القضاة جلال
(١) ليست في ط. (٢) في ط: مما يقيم بها. (٣) الدرر الكامنة (١/ ٥٤١) فالخبر مذكور في ترجمة جوبان النوين الكبير نائب المملكة القانية. الذي جرّ هذا الماء. (٤) في سوق الفسقار بناه القاضي بدر الدين بن مزهر. الدارس (١/ ٣٠٦). (٥) هو: جوبان المنصوري من مماليك الأشرف. مات سنة (٧٢٨ هـ).

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