Le shaykh ʿAlam ad-Dîn al-Barzalî a dit :
« Il arrivait que cet homme, qui fut décapité, aille jusqu’à les traiter de mécréants, qu’il se joue de la religion de l’Islam et qu’il tourne en dérision la prophétie et le Coran. »
Il ajouta :
« Les savants, les grands personnages ainsi que les notables de l’État assistèrent à son exécution. »
Il poursuivit :
« Au début de sa vie, cet homme avait mémorisé le Tanbîh et il récitait la clôture du Coran d’une belle voix. Il possédait intelligence et perspicacité, et il percevait une allocation dans les madrasas et les ribâts. Puis il se détacha entièrement de tout cela. Sa mise à mort fut un honneur pour l’Islam et une humiliation pour les zindiqs et les gens de l’innovation. »
Je (l’auteur) dis :
« J’ai moi-même assisté à son exécution ; notre shaykh Abû al-ʿAbbâs Ibn Taymiyya était présent ce jour-là. Il l’interpella et l’admonesta au sujet de ce qui émanait de lui avant son exécution ; puis sa tête fut tranchée, et j’en fus témoin. »
Au mois de Rabîʿ al-Awwal, un décret ordonna l’expulsion des chiens de Damas ; on les rassembla dans le fossé, à l’extérieur de Bâb as-Ṣaghîr, du côté de Bâb Sharqî, les mâles d’un côté et les femelles de l’autre. Les propriétaires de boutiques furent tenus d’exécuter l’ordre, et l’on sévit à ce sujet pendant plusieurs jours.
En Rabîʿ al-Awwal toujours, le shaykh ʿAlâʾ ad-Dîn al-Maqdisî, répétiteur à la Bâdarîyya, fut nommé à la direction de la Ṣalâḥiyya à la noble Jérusalem, et il s’y rendit.
En Jumâdâ ath-Thâniyya, Qarṭây fut destitué de la vice-gouvernance de Ṭarâbulus et remplacé par Ṭaynal, tandis que Qarṭây fut maintenu sur la ration de pain du Qaramânî à Damas, conformément à l’emprisonnement du Qaramânî dans la citadelle de Damas.
Al-Barzalî dit :
« Le lundi, seizième jour de Shaʿbân, vers l’heure de ʿAṣr, le shaykh, l’imam, le savant, l’érudit Taqî ad-Dîn Ibn Taymiyya fut arrêté et conduit à la citadelle de Damas. Sur ordre du vice-sultan Tankiz vinrent le contrôleur des waqfs et Ibn al-Khaṭîrî, l’un des huissiers de Damas ; ils lui annoncèrent que le rescrit du sultan prescrivait son arrestation et ils amenèrent avec eux une monture pour qu’il la prenne. Il manifesta joie et allégresse en disant : « Je m’attendais à cela ; il y a là beaucoup de bien et un grand intérêt. » Ils partirent tous de sa demeure jusqu’à la porte de la citadelle. On lui libéra une salle, on y fit venir l’eau et il reçut l’ordre d’y séjourner. Son frère Zayn ad-Dîn fut autorisé, par ordre du sultan, à demeurer auprès de lui pour le servir, et il fut pourvu à ses besoins. »
Al-Barzalî dit :
« Le vendredi dix du mois susmentionné, la lettre sultanienne arrivée à Damas fut lue dans la Grande Mosquée… »