Toutes deux furent déclarées compétentes lors de cette séance, si bien que les deux madrasas, l’ʿAdrawiyya et la Shâmiyya, revinrent à Ibn al-Murahhil, comme nous l’avons signalé. Al-Qazwînî reçut, à titre de compensation, la Madrasa al-Masrûriyya ; puis il l’échangea avec Ibn al-Sharîshî contre le Ribât an-Nâsirî. Il y dispensa son cours ce jour-là, en présence du qâdî Jalâl ad-Dîn. Après lui, Ibn al-Sharîshî donna sa leçon à la Madrasa al-Masrûriyya, et de nombreuses personnes y assistèrent également.
Ce même jour, la troupe yéménite mobilisée rentra ; l’on constata que nombre de pages et d’autres soldats manquaient à l’appel. Leur chef, le grand émir Rukn ad-Dîn Baybars, fut emprisonné en raison de sa mauvaise conduite à leur égard.
Parmi les notables décédés durant cette période :
– Le shaykh Ibrâhîm aṣ-Ṣabâḥ : il s’agit d’Ibrâhîm b. Munîr al-Baʿlabakkî. Connu pour sa piété, il résidait au minaret oriental. Il décéda dans la nuit du mercredi, premier jour de Muharram, et fut inhumé à Bâb aṣ-Ṣaghîr. Ses funérailles furent très suivies ; on le porta du bout des doigts. Il fréquentait assidûment les assemblées du shaykh Taqî ad-Dîn Ibn Taymiyya.
– Ibrâhîm al-Muwallah, surnommé « al-Qumaynî » parce qu’il habitait auprès des Qummamîn, en dehors de Bâb Sharqî. Il lui arrivait de dévoiler certains secrets à la populace, bien qu’il ne fût pas assidu à la prière. Le shaykh Taqî ad-Dîn Ibn Taymiyya l’amena à la repentance et le frappa pour avoir délaissé les prières, pour sa fréquentation de lieux impurs et pour avoir mêlé femmes et hommes autour de lui dans ces endroits souillés. Il mourut, à un âge mûr, ce mois-là.
– Le shaykh Shihâb ad-Dîn : [Aḥmad b. al-ʿAfîf] Muḥammad b. ʿUmar b. ʿUthmân b. ʿUmar al-Ṣiqillî, puis ad-Dimashqî, imam de la mosquée ar-Raʾs. Il fut le dernier à rapporter de Ibn aṣ-Ṣalâḥ une partie des « Sunan » d’al-Bayhaqî ; nous avons eu l’honneur d’en entendre quelques passages de sa bouche. Il mourut au mois de Ṣafar.