Abu Dawud al-Tayalisi a rapporté, d’après al-Thawri : « Nous avons été informés que la première personne à avoir serré la main fut Dhu al-Qarnayn (1). »
On rapporte de Ka‘b al-Ahbar qu’il aurait dit à Muʿawiya : « Lorsque Dhu al-Qarnayn fut sur le point de mourir, il recommanda à sa mère, au moment de son décès, de préparer un repas, de rassembler les femmes de la ville, de placer ce repas devant elles et de les autoriser à en manger, à l’exception de celle qui aurait perdu un enfant et ne devrait donc pas y toucher. » Après que sa mère eut mis cela en pratique, aucune de ces femmes ne prit de nourriture. Elle leur dit alors : « Gloire à Dieu ! Êtes-vous donc toutes endeuillées ? » Elles répondirent : « Oui, par Dieu ! Il n’y en a pas une parmi nous qui ne soit endeuillée. » Ce fut ainsi une consolation pour sa mère (2).
Ishaq ibn Bishr a rapporté, d’après ʿAbdallah ibn Ziyad qui le tenait de certains Gens du Livre, le testament de Dhu al-Qarnayn ainsi que l’exhortation de sa mère, une longue et éloquente admonition comportant maintes sagesses et propos bénéfiques. Il précise que Dhu al-Qarnayn mourut à l’âge de trois mille ans, ce qui est chose étrange.
Ibn ʿAsakir (3) a déclaré : « J’ai appris d’un autre narrateur qu’il vécut trente-six ans. » (Selon une autre version, il aurait vécu trente-deux ans et serait survenu sept cent quarante ans après David) (4). Il serait né cinq mille cent quatre‑vingt‑un ans après Adam et son règne aurait duré seize ans (5).
Ce qui a été mentionné ici ne s’applique toutefois qu’à Alexandre le Second, non au premier. Il y a eu une confusion au début et à la fin de cette biographie, alors que la position correcte consiste à les distinguer, comme nous l’avons indiqué, à la suite de plusieurs maîtres de la tradition. Et Dieu sait mieux.
Parmi ceux qui ont considéré qu’il ne s’agissait que d’une seule et même personne figure l’imam ʿAbd al-Malik ibn Hisham, le rapporteur de la Sîra (6). Or le ḥâfiẓ Abû al-Qâsim al-Suhaylî (7), qu’Allah lui fasse miséricorde, a vigoureusement rejeté cette opinion, l’a critiquée fermement et a nettement différencié les deux personnages, comme nous l’avons déjà exposé. Il a dit : « Il se peut qu’une série de rois de l’Antiquité se soient attribué le nom de Dhu al-Qarnayn par imitation du premier. » Et Dieu sait mieux.