La Grande Preuve, Khawandâ, fille de Makkiyya : épouse de Sa Majesté le sultan al-Malik an-Nâṣir. Elle avait d’abord été l’épouse de son frère al-Malik al-Ašraf, puis an-Nâṣir la délaissa et la fit sortir de la Citadelle. Ses funérailles furent très suivies et elle fut inhumée dans le mausolée qu’elle avait fondé.
Le shaykh Muḥammad ibn Jaʿfar ibn Farʿûš, surnommé al-Labbād et connu sous le nom d’al-Muwallah, enseigna la lecture du Coran dans la mosquée pendant près de quarante ans ; j’ai moi-même lu auprès de lui une partie du Livre d’Allah. Il apprenait aux enfants à articuler correctement la lettre rā’ et les autres lettres difficiles. Détaché de ce bas-monde, il ne possédait rien ; il n’avait ni maison ni réserve, se nourrissait dans le souk et dormait à la mosquée. Il décéda le premier jour de Ṣafar, âgé de plus de soixante-dix ans, et fut enseveli à Bāb al-Farādis. Qu’Allah lui fasse miséricorde.
Ce même jour, au Caire, mourut le shaykh Ayyûb as-Saʿûdî, presque centenaire, qui avait côtoyé le shaykh Abû s-Saʿûd. Ses funérailles furent imposantes. Il fut enterré dans la tombe de son maître au Qarâfa. Le Qâḍî al-Quḍât Taqiyy ad-Dîn ach-Shubbakî rédigea, de son vivant, une notice à son sujet. Le shaykh Abû Bakr ar-Raḥabî déclara n’avoir jamais vu, depuis son installation au Caire, un convoi funèbre comparable. Qu’Allah lui fasse miséricorde.
Le shaykh, imâm et ascète Nûr ad-Dîn Abû l-Ḥasan ʿAlî ibn Yaʿqûb ibn Jibrîl al-Bakrî al-Miṣrî ash-Shâfiʿî, auteur de plusieurs ouvrages, avait étudié le « Musnad d’ash-Shâfiʿî » auprès de Wazîra bint al-Munajjâ, puis s’était établi en Égypte. Il comptait parmi ceux qui blâmaient le Shaykh de l’Islam Ibn Taymiyya. Certains dignitaires voulurent même le mettre à mort ; il dut alors s’enfuir et se cacher, comme on l’a déjà relaté à l’époque où Ibn Taymiyya résidait en Égypte. Son opposition n’était comparable qu’à un maigre ruisseau boueux heurtant une mer immense et limpide, ou à un grain de sable prétendant déplacer une montagne, si bien que les gens sensés en riaient. Le sultan voulut aussi le faire exécuter, mais quelques émirs intercédèrent en sa faveur. Plus tard, pour avoir de nouveau critiqué le pouvoir, il fut exilé du Caire vers une localité nommée Dahruṭ, où il demeura jusqu’à son décès, un lundi.