Le vice-roi en Syrie était Tankiz. Les juges (qâḍî) du Šâm étaient : pour les šâfiʿites, Ǧamâl ad-Dîn az-Zuraʿî (1) ; pour les ḥanafites, aṣ-Ṣadr ʿAlî al-Buṣrâwî ; pour les mâlikites, Šaraf ad-Dîn al-Hamadânî (2) ; pour les ḥanbalites, Šams ad-Dîn b. Muslim. Le prédicateur de la grande mosquée omeyyade était Ǧalâl ad-Dîn al-Qazwînî ; l’agent du Bayt al-Mâl, Ǧamâl ad-Dîn b. al-Qalânsî ; le muḥtasib de la ville, Faḫr ad-Dîn b. Šayḫ as-Salamiyya ; le surintendant des dîwân, Šams ad-Dîn Ġabriyâl ; le régisseur des dîwân, ʿIlm ad-Dîn Ṭurqušî ; l’intendant de l’armée, Quṭb ad-Dîn b. Šayḫ as-Salamiyya, aux côtés de Maʿîn ad-Dîn b. Ḥušayš ; le kātib as-sirr, Šihâb ad-Dîn Maḥmûd ; le naqîb al-ašrâf, Šaraf ad-Dîn ʿAdnân ; l’intendant de la grande mosquée, Badr ad-Dîn b. al-Ḥaddâd ; le trésorier, ʿIzz ad-Dîn b. al-Qalânsî ; le wālî du Bar, ʿAlâ’ ad-Dîn b. al-Marwânî ; et le gouverneur de Damas, Šihâb ad-Dîn b. Barq (3).
Le 15 Rabîʿ al-Awwal, ʿIzz ad-Dîn b. al-Qalânsî prit en charge la ḥisba en remplacement de b. Šayḫ as-Salamiyya, tout en conservant la surveillance du trésor.
Au cours de ce même mois, Karîm ad-Dîn, mandataire du sultan, fut transféré de Jérusalem vers l’Égypte ; on l’y incarcéra, on lui confisqua de fortes sommes d’argent et quantité de trésors, puis on l’exila au Ṣaʿîd. On lui assigna, ainsi qu’aux siens, une pension du Trésor. On mit également la main sur Karîm ad-Dîn al-Ṣaġîr ; on lui saisit une fortune considérable, il fut emprisonné puis relâché (4).
Le vendredi 11 Rabîʿ ath-Thânî, la lettre du sultan fut lue dans la maqṣūra de la grande mosquée omeyyade, en présence du vice-roi et des juges ; elle ordonnait l’abolition du meks (taxe illicite) prélevé sur les récoltes dans l’ensemble de la Syrie protégée. Les prières en faveur du sultan fusèrent de toutes parts (5).
Le vendredi 25 Rabîʿ ath-Thânî, un courrier parvint au vice-roi annonçant la révocation du qâḍî šâfiʿite az-Zuraʿî. Dès qu’il en eut connaissance, celui-ci cessa de rendre la justice ; il demeura à lʿAdiliyya quinze jours après sa destitution, puis se rendit à l’Atâbakiyya (6), conservant la charge de Šayḫ al-Šuyûḫ et l’enseignement de l’Atâbakiyya.
Le vice-roi manda alors notre šaykh, l’ascète Imâm Burhân ad-Dîn al-Fazârî, et lui proposa la magistrature ; il s’en excusa. Malgré l’insistance qu’on mit à le convaincre, il refusa et quitta l’assemblée. On dépêcha aussitôt les notables à sa madrasa ; ils l’y trouvèrent et usèrent de toutes sortes de procédés, mais il persista à décliner la charge avec la plus grande fermeté – qu’Allâh le récompense pour sa noblesse. Lorsque le vendredi arriva