Ibrahim al-Khalil (l’Ami intime de Dieu) l’accueillit à son arrivée. Lorsqu’ils se retrouvèrent, Ibrahim pria pour lui et lui donna des recommandations. On rapporte que l’on amena un cheval afin qu’il puisse le monter, mais il déclara : « Je ne monterai pas dans un pays où se trouve l’Ami intime (al-Khalil). » Alors Dieu lui soumit les nuages, et Ibrahim lui annonça la bonne nouvelle à ce sujet : ils le transportaient lorsqu’il le voulait (1).
Quant à la parole du Très-Haut : « Puis il suivit une voie (92), jusqu’à ce qu’il atteignît l’espace entre les deux barrières, il trouva en deçà de celles-ci un peuple qui comprenait à peine un mot », c’est-à-dire qu’ils étaient frustes. On rapporte qu’il s’agissait des Turcs, cousins de Gog et Magog (Yajuj et Majuj). Ce peuple l’informa que ces deux tribus les attaquaient, corrompaient leurs territoires et coupaient leurs routes. Ils lui offrirent un tribut, c’est-à-dire un impôt, pour qu’il construise entre eux et ces tribus une barrière qui les empêcherait de les atteindre. Il refusa toutefois de percevoir cet impôt (2), se contentant des richesses abondantes que Dieu – Exalté soit-Il – lui avait accordées.
« Il dit : “Ce dont mon Seigneur m’a fortifié vaut mieux (que vos biens).” » Ensuite, il leur demanda de rassembler des hommes et des moyens pour qu’il érige entre eux et leurs ennemis un barrage, c’est-à-dire un remblai entre les deux montagnes. Ces tribus ne pouvaient en effet accéder à ceux qu’elles voulaient attaquer qu’en passant par l’ouverture entre ces montagnes, le reste étant constitué de mers déchaînées et de montagnes escarpées. Il édifia donc l’ouvrage, comme Dieu – Exalté soit-Il – l’a relaté, à l’aide de blocs de fer et de « qaṭr », c’est-à-dire du cuivre fondu (certains disent : du plomb, mais l’avis le plus correct est le premier). À la place des briques, il utilisa le fer, et à la place de l’argile, le cuivre. C’est pourquoi le Très-Haut dit : « Ils ne purent ni escalader (ce rempart) », c’est-à-dire qu’ils ne parvinrent pas à le franchir avec des échelles ou par aucun autre moyen, « et ne purent non plus l’entamer » avec des pioches, des haches ou quoi que ce soit d’autre. Il opposa donc ce qui était le plus rédhibitoire à ce qui était le plus facile, et ce qu’il y avait de plus dur à ce qui était le plus difficile.
« Il dit : “Ceci est une miséricorde de mon Seigneur.” » Autrement dit, Dieu a décrété l’existence de ce rempart comme une miséricorde pour Ses serviteurs, afin qu’ils soient protégés, par son intermédiaire, des agressions de ce peuple contre leurs voisins dans cette contrée. « Mais lorsque la promesse de mon Seigneur viendra », c’est-à-dire lorsque surviendra le moment fixé pour qu’ils envahissent la terre, à la fin des temps, « Il le réduira en poussière », c’est-à-dire qu’il sera aplani au niveau du sol, et cela ne manquera pas d’arriver. C’est pourquoi Il dit : « La promesse de mon Seigneur est vérité. » De même, le Très-Haut déclare : « jusqu’à ce que soient relâchés Gog et Magog et qu’ils se précipitent de toute hauteur (96) et que s’approche la vraie promesse » (Les Prophètes, 96-97). C’est aussi la raison pour laquelle, ici, Il dit : « Nous les laisserons ce jour-là déferler les uns sur les autres », c’est-à-dire au jour de l’ouverture du barrage, selon l’avis correct (3). « Et on soufflera dans la Trompe et Nous les rassemblerons tous ensemble. »
Nous avons déjà rapporté, dans le Tafsîr (4), les hadiths qui mentionnent la sortie de Gog et Magog, et nous les citerons à nouveau, si Dieu le veut, dans le Livre des épreuves et des batailles de cet ouvrage, lorsque nous y parviendrons, avec la permission de Dieu, Sa force, Sa bonne assistance et Sa guidée (5).