Il assista de sa personne et écouta la récitation auprès d’un grand nombre de maîtres. Le ḥâfiẓ ‘Alam ad-Dîn al-Barzalî lui établit une Mashyakha que nous avons entendue de sa bouche l’année même de son décès. De même, le ḥâfiẓ Ṣalâḥ ad-Dîn al-‘Alâ’î lui tira des ‘Awâlî de ses ḥadiths. Quant au muḥaddith al-Mufîd Nāṣir ad-Dîn ibn Ṭughril, il lui composa une Mashyakha en sept volumes, comprenant cinq cent soixante-dix maîtres, par audition directe ou par autorisation. Celle-ci fut lue devant lui et entendue par les ḥuffâẓ et d’autres encore.
Al-Barzalî déclara : « J’ai lu auprès de lui vingt-trois volumes en élaguant les répétitions, et, parmi les fascicules, cinq cent cinquante fascicules avec répétitions. »
Il ajouta : « Il s’était adonné à la médecine et soignait les gens sans rétribution. Il connaissait par cœur un grand nombre de ḥadiths, de récits et de poésies, et il composait lui-même des vers. Il fut employé à plusieurs postes de chancellerie, puis y renonça, se retira chez lui et se consacra à la transmission du ḥadith. À la fin de sa vie, il se distingua par bien des choses ; il se montrait accommodant lors des séances d’audition. Peu avant sa mort, il transforma sa demeure en Dâr al-Ḥadîth, et gratifia le ḥâfiẓ al-Barzalî et al-Mizzî d’une part de ses largesses. »
Il décéda le lundi, à l’heure de midi, le vingt-cinquième de Sha‘bân, et fut inhumé au Qâsiyûn. — Qu’Allah lui fasse miséricorde.
Le ministre puis émir Najm ad-Dîn : Muḥammad, fils du shaykh Fakhr ad-Dîn ‘Uthmân ibn Abî l-Qâsim al-Buṣrawî al-Ḥanafî. Il dispensa l’enseignement à Buṣrâ après son oncle, le qâḍî Ṣadr ad-Dîn al-Ḥanafî, puis fut nommé muḥtasib de Damas et surintendant du trésor, avant d’obtenir la vizirat. Il sollicita ensuite d’être relevé de cette charge et on lui octroya, en compensation, le titre d’Amîr ‘Ashara avec un immense iqtâ‘. À ce titre, on le traita comme les vizirs quant à la considération et au vêtement. Il rendit l’âme à Buṣrâ le jeudi vingt-deuxième de Sha‘bân et y fut enterré. Il était généreux, loué, largement bienfaiteur, parfois rapace, multipliant aumônes et bienfaits envers les gens. Il laissa des biens et des enfants ; puis tous périrent après lui et ses richesses se dispersèrent ; ses épouses furent remariées et ses demeures occupées.
L’émir Ṣârim ad-Dîn Ibrâhîm ibn Qarâsinqar al-Jukandar : d’abord « Mushadd al-Khâṣ », il fut ensuite gouverneur de Damas, avant d’en être destitué six mois avant sa mort. Il mourut le neuvième de Ramaḍân et fut enseveli dans son mausolée honoré, blanchi, ouvert à l’est de la mosquée an-Nâranj, qu’il s’était préparé pour lui-même.