Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Présentation de la quête de Dhu al-Qarnayn pour la Source de la Vie

(1)
Ibn ‘Asākir (2) rapporte, selon une chaîne de transmission partant de Wakī‘, d’après son père, d’après Muʿtamir ibn Sulaymān, d’après Abū Jaʿfar al-Bāqir, d’après son père Zayn al-ʿĀbidīn, un long récit où il est dit que Dhu al-Qarnayn avait pour compagnon un ange nommé Rānāqīl (3). Dhu al-Qarnayn lui demanda : « Sais-tu s’il existe sur terre une source appelée la Source de la Vie (ʿayn al-ḥayāh) ? » L’ange lui donna alors la description de l’endroit où elle se trouvait. Dhu al-Qarnayn partit à sa recherche et plaça al-Khadr à l’avant de son armée. Al-Khadr parvint jusqu’à cette source dans une vallée de la Terre des Ténèbres, y but, mais Dhu al-Qarnayn ne put la trouver.

On raconte également que Dhu al-Qarnayn rencontra certains anges dans un palais se situant en ces parages et que l’un de ces anges lui remit une pierre. De retour auprès de son armée, il interrogea les savants (4) à son sujet. Ils la posèrent sur un plateau de balance, et mirent en face mille pierres de même taille pour la peser, mais la pierre de l’ange continuait d’égaler ce poids. Finalement, al-Khadr intervint et, à la place d’autres pierres, il mit sur la balance une simple poignée de terre, qui s’avéra plus lourde (5). Il commenta : « Voilà l’exemple du fils d’Adam : il ne se rassasie jamais avant que la terre ne le recouvre. » Les savants se prosternèrent devant lui par respect et pour l’honorer. Dieu est plus savant.

Ensuite, Dieu – Exalté soit-Il – le chargea de juger en ce lieu : « Nous dîmes : “Ô Dhu al-Qarnayn, ou bien tu les châties, ou bien tu adoptes à leur égard un bon comportement.” (86) Il dit : “Quant à celui qui est injuste, nous le punirons, puis il sera ramené à son Seigneur, qui le châtiera alors d’un supplice terrible.” » [al-Kahf : 86-87] Autrement dit, ce malfaiteur cumulerait le châtiment dans le monde ici-bas et le châtiment de l’au-delà. Dhu al-Qarnayn commence par la punition terrestre, car elle est plus dissuasive pour l’incroyant. Puis « Quant à celui qui croit et accomplit de bonnes œuvres, il aura la plus belle des récompenses, et nous lui tiendrons des propos bienveillants » : il commence par l’essentiel, la rétribution de l’au-delà, puis y associe la bienfaisance en ce monde. Voilà la justice, la connaissance et la foi.

Dieu – Exalté soit-Il – ajoute : « Puis il suivit une voie » : c’est-à-dire qu’il reprit la route, cette fois vers l’est après avoir gagné l’ouest. Il est dit qu’il mit douze (6) années à revenir. « Jusqu’à ce qu’il atteigne le Levant, il trouva que le soleil s’y levait sur un peuple à qui Nous n’avions placé aucun abri contre lui » : c’est-à-dire qu’ils n’avaient ni maisons ni abris (7) où se protéger de la chaleur ardente. De nombreux savants (8) expliquent qu’ils se retiraient, lorsque le soleil était trop brûlant, dans des galeries souterraines qu’ils avaient aménagées, semblables à des tombes.

Dieu – Exalté soit-Il – dit encore : « Ainsi en est-il, et Nous savions parfaitement ce qui était auprès de lui » : autrement dit, Dieu avait pleine connaissance de sa mission, Il le préservait et le protégeait dans tout son voyage, d’un bout à l’autre de la terre, des Occidents aux Orients.

Il est rapporté de ʿUbayd ibn ʿUmayr, de son fils ʿAbd Allāh et d’autres parmi les pieux prédécesseurs, que Dhu al-Qarnayn accomplit le pèlerinage à pied. Lorsqu’il entendit

(1) Addition provenant de la copie Ṭ., ainsi que de la note marginale du texte original. (2) Al-Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq, vol. 8, pp. 220-224. (3) Dans Al-Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq : ziyāfil. Il en est de même dans Ar-Rawḍ al-ʾAnf (vol. 2, p. 59). (4) Addition provenant de B et Ṭ. (5) Dans B : « farrajtu-hu ». (6) Dans Ṭ : « ʿashr », ce qui est une erreur. Cette affirmation est attribuée à Saʿīd ibn Jubayr dans Al-Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq (vol. 8, p. 217). (7) Al-kinn wa al-kinnān : la maison, ce qui protège et couvre. Le pluriel est : aknān et akin­na. (8) Tafsīr al-Ṭabarī (vol. 16, p. 12).
[بَيان طلب ذي القرنين عين الحياة] (١) وقد ذكر ابن عساكر (٢) من طريق وكيع، عن أبيه، عن معتمر بن سليمان، عن أبي جعفر الباقر، عن أبيه زين العابدين خبرًا مطولًا جدًا فيه أن ذا القرنين كان له صاحب من الملائكة يقال له: رناقيل (٣) ، فسأله ذو القرنين: هل تعلم في الأرض عينًا يقال لها: عين الحياة؟ فذكر له صِفةَ مكانها. فذهب ذو القرنين في طلبها، وجعل الخَضِرَ على مقدّمته، فانتهى الخضِر إليها في وادٍ في أرض الظلمات، فشرب منها، ولم يهتد ذو القرنين إليها. وذكر اجتماع ذي القرنين ببعض الملائكة في قصرٍ هناك، وأنه أعطاه حجرًا، فلما رَجَع إلى جيشه سأل العلماءَ عنه، فوضعوه في كِفَّة ميزان، وجعلوا في مقابلته (٤) ألف حجر مثله فوزنها، حتى سأل الخضرَ، فوضع قباله حجرًا وجعل عليه حفنة من تراب فرجح به (٥) ، وقال: هذا مَثَلُ ابن آدم لا يشبع حتى يوارى بالتراب، فسجد له العلماء تكريمًا له وإعظامًا. والله أعلم. ثمّ ذكر تعالى أنه حكَّمه في تلك الناحية ﴿قُلْنَا يَاذَا الْقَرْنَيْنِ إِمَّا أَنْ تُعَذِّبَ وَإِمَّا أَنْ تَتَّخِذَ فِيهِمْ حُسْنًا (٨٦) قَالَ أَمَّا مَنْ ظَلَمَ فَسَوْفَ نُعَذِّبُهُ ثُمَّ يُرَدُّ إِلَى رَبِّهِ فَيُعَذِّبُهُ عَذَابًا نُكْرًا﴾ [الكهف: ٨٦ - ٨٧] أي فيجتمع عليه عذاب الدنيا والآخرة، وبدأ بعذاب الدنيا لأنه أزجَرُ عند الكافر. ﴿وَأَمَّا مَنْ آمَنَ وَعَمِلَ صَالِحًا فَلَهُ جَزَاءً الْحُسْنَى وَسَنَقُولُ لَهُ مِنْ أَمْرِنَا يُسْرًا﴾ فبدأ بالأهَمّ وهو ثواب الآخرة، وعطف عليه الإحسان منه إليه، وهذا هو العدل والعلم والإيمان، قال الله تعالى: ﴿ثُمَّ أَتْبَعَ سَبَبًا﴾ أي سَلك طريقًا راجعًا من المغرب إلى المشرق، فيقال: إنه رجع في ثنتي عشرة (٦) سنة ﴿حَتَّى إِذَا بَلَغَ مَطْلِعَ الشَّمْسِ وَجَدَهَا تَطْلُعُ عَلَى قَوْمٍ لَمْ نَجْعَلْ لَهُمْ مِنْ دُونِهَا سِتْرًا﴾ أي: لَيْسَ لَهُم بُيُوْتٌ ولا أكْنان (٧) يَسْتَتِرُونَ بها من حرّ الشمس. قال كثيرٌ من العلماء (٨) : ولكن كانوا يأوون إذا اشتد عليهم الحَرُّ إلى أسراب قد اتخذوها في الأرض شبهَ القبور. قال الله تعالى: ﴿كَذَلِكَ وَقَدْ أَحَطْنَا بِمَا لَدَيْهِ خُبْرًا﴾ أي ونحن نعلم ما هو عليه ونحفظه ونكلَؤه بحراستنا في مسيره ذلك كلّه من مغارب الأرض إلى مشارقها. وقد رُوي عن عُبيد بن عمير وابنه عبد الله وغيرهما من السلف أن ذا القرنين حجَّ ماشيًا، فلما سمع
(١) زيادة من ط. ومن حاشية الأصل. (٢) مختصر تاريخ دمشق (٨/ ٢٢٠ - ٢٢٤). (٣) في مختصر تاريخ دمشق: زيافيل. وكذلك هو في الروض الأنف (٢/ ٥٩). (٤) زيادة من ب و ط. (٥) في ب: فرجحته. (٦) في ط: عشر، وهو خطأ. والقول منسوب إلى سعيد بن جبير في مختصر تاريخ دمشق (٨/ ٢١٧). (٧) الكِنّ والكِنان: البيت، وما يقي ويستر، جمعه: أكنان وأكِنَّة. (٨) تفسير الطبري (١٦/ ١٢).

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