Le prédicateur de la mosquée Tankīz, en présence des juges et des notables, prononça un sermon et donna un cours sur ce verset :
« Certes, Allah vous ordonne de remettre les dépôts à leurs ayants droit » (An-Nisâ’, 58).
Cela eut lieu après le décès du qâḍi Shams ad-Dîn Ibn al-ʿIzz al-Hanafî, qui s’éteignit à son retour du Ḥiǧâz. La vice-présidence du tribunal revint alors à ʿImâd ad-Dîn aṭ-Ṭarasûsî (1), son gendre, lequel assurait déjà l’intérim durant ses absences ; il conserva donc cette charge, puis fut confirmé à la magistrature, son suppléant exerçant pour lui.
À la même période arriva al-Khwârazmî, nommé chambellan en remplacement de Katbughâ.
Au mois de Rabîʿ al-Awwal, le shaykh Qiwâm ad-Dîn Masʿûd, fils du shaykh Burhân ad-Dîn Muḥammad, petit-fils du shaykh Sharaf ad-Dîn Muḥammad al-Kirmânî, de rite hanafite, arriva à Damas. Il s’installa dans le quartier des Qaṣṣâʿîn ; les étudiants se rendaient fréquemment chez lui. Il se présenta également au vice-sultan, avec lequel il s’entretint. C’était encore un jeune homme, né en 701 H (2) ; je l’ai personnellement rencontré. Il possédait des connaissances tant en jurisprudence détaillée qu’en fondements, bien que ses prétentions dépassassent son acquis réel. Son père et son grand-père avaient rédigé des ouvrages. Par la suite, il se rendit en Égypte où il mourut, comme on le rapportera.
Toujours en Rabîʿ al-Awwal fut pleinement réalisée la conquête d’Ayâsh (3) et de ses environs, arrachée aux Arméniens, ainsi que la prise du « Bastion Anthlas », situé à une portée et demie de flèche en mer. Les musulmans, avec la permission d’Allah, s’en emparèrent et le démantelèrent ; ses portes étaient revêtues de fer et de plomb (4) et l’épaisseur de son rempart atteignait treize coudées de charpentier. Les musulmans remportèrent un butin considérable. Ils assiégèrent ensuite Kūrah (5), mais la chaleur et les mouches devinrent insupportables ; le sultan ordonna alors la retraite. Ils brûlèrent les mangonneaux qu’ils avaient apportés, récupérèrent leur fer puis repartirent, sains et saufs, chargés de butin, accompagnés d’un grand nombre de volontaires.
Le jeudi 23 Ǧumâdâ al-Ūlâ, le dallage intérieur de la grande mosquée fut achevé, offrant davantage d’espace aux fidèles. Toutefois, il en résulta une gêne pour le transport des effets personnels, contrairement à l’usage : auparavant, les gens traversaient les galeries centrales, sortaient par la porte de la Glacière, et ceux qui le désiraient pouvaient gagner l’autre porte en gardant leurs sandales. Seule la maqṣûrah demeurait interdite à quiconque voulait y entrer chaussé, contrairement au reste des galeries. Le vice-sultan ordonna donc, sur la recommandation de son administrateur Ibn Marâǧil (6), de parachever le revêtement du sol.