L’émir Rukn ad-Dîn Baybars, le ḥâjib, fut chargé d’assurer la suppléance jusqu’à son retour ; il descendit alors à la Nâjîbiyya al-Barrâniyya (1).
Parmi ceux qui accomplirent le Ḥajj cette année-là se trouvaient le prédicateur Jalâl ad-Dîn al-Qazwînî, ‘Izz ad-Dîn Ḥamza ibn al-Qalânsî, Ibn al-‘Izz Shams ad-Dîn al-Ḥanafî, Jalâl ad-Dîn ibn Ḥusâm ad-Dîn al-Ḥanafî, Bahâ’ ad-Dîn ibn ‘Alîma (2) et ‘Alam ad-Dîn al-Barzalî.
Ibn Jamâ‘a donna le cours de la Zâwiya ach-Shâfi‘iyya le mercredi 18 Shawwâl, remplaçant Shihâb ad-Dîn Aḥmad ibn Muḥammad al-Anṣârî (3) en raison de sa mauvaise conduite. On remit la robe d’investiture à Ibn Jamâ‘a, et l’assistance, composée de notables et de gens du commun, était si nombreuse qu’elle rappelait l’affluence du vendredi (4). De nombreuses chandelles furent allumées, et la population se réjouit de la destitution du titulaire écarté.
Al-Barzalî – et c’est de son autographe que je tiens le récit – rapporte :
« Le dimanche 16 Shawwâl, l’imâm éminent, l’érudit Taqî ad-Dîn as-Subkî, muḥaddith à la madrasa al-Hakkâriyya (5), fit également le cours en remplacement d’Ibn al-Anṣârî. Assistaient, entre autres, al-Qûnawî. Au cours de la leçon, il transmit, d’après le Qâḍî al-Quḍât Ibn Jamâ‘a, le ḥadîth relatif au choix laissé aux deux contractants tant qu’ils ne se séparent pas (6). »
Au cours de ce même mois de Shawwâl, ‘Alâ’ ad-Dîn ibn Sa‘d fut relevé de la wilâya du Barr et de la supervision des awqâf. Il fut remplacé, pour le gouvernement des provinces du Sud (Bilâd al-Qibliyya) à Ḥawrân, par Baktamur, parti en voyage vers le Ḥiǧâz. Son frère Badr ad-Dîn prit la charge du contrôle des habous, tandis que l’émir ‘Alam ad-Dîn aṭ-Ṭurkušî reçut l’administration du Barr avec la supervision des dîwâns. Ibn al-Anṣârî se rendit à Ḥalab pour y assurer l’agence du Bayt al-Mâl en lieu et place de Tâǧ ad-Dîn, frère de Sharaf ad-Dîn Ya‘qûb (8), intendant de Ḥalab, ledit Tâǧ ayant été désigné pour la surintendance du Karak.
Le jour même de la fête de la rupture du jeûne, l’émir Tamurtâsh ibn Jûbân (9), lieutenant d’Abî Sa‘îd sur les territoires des Rûm, enfourcha le cheval à la tête d’une grosse armée faite de Tatars, de Turkmènes et de Qaramanides. Il pénétra dans le pays de Sîs, tua, fit des captifs, brûla et dévasta. Il avait dépêché auprès du vice-roi de Ḥalab, al-Ṭanbughâ, pour que celui-ci se prépare à lui prêter main-forte dans cette expédition ; mais il ne lui fut pas possible de lui envoyer des troupes sans ordre exprès du sultan (10).