Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le jour de ʿAchourâʾ, le shaykh Taqiyy al-Dîn Ibn Taymiyyah fut libéré de la Citadelle par décret du sultan et regagna sa demeure ; sa période de détention avait duré cinq mois et dix-huit jours (qu’Allah lui fasse miséricorde).

Le 4 Rabîʿ al-Âkhir, le juge Karîm al-Dîn, mandataire du sultan, arriva à Damas et prit logis à Dâr al-Saʿâdah. Le grand qâḍî Taqiyy al-Dîn Ibn ʿAwad, magistrat hanbalite d’Égypte et surintendant du trésor, fit également son entrée ; il descendit à la Grande ʿÂdiliyyah, appartenant aux shâfiʿites, où il séjourna quelques jours, puis se rendit en Égypte, occupé par certaines affaires du sultan, et visita Jérusalem.

Au cours de ce même mois, le sultan avait fait creuser un bassin à proximité du Maydân. Comme se trouvait là une église, il ordonna à son gouverneur de la raser. Une fois détruite, la populace et d’autres se déchaînèrent contre les églises d’Égypte et démolirent tout ce qu’ils purent. Le sultan s’en alarma et interrogea les juges : « Quelle peine encourt celui qui s’est livré à cela ? » Ils répondirent : « Il doit être châtié (taʿzîr). » Il fit alors sortir de prison des hommes déjà sous le coup de la peine capitale ; il les fit mutiler, crucifier, bannir, transpercer les narines et châtier, donnant à croire qu’il punissait les auteurs de ces destructions. Le tumulte se calma, les chrétiens reprirent confiance et reparurent après quelques jours de clandestinité.

Durant ce mois encore, des brigands se soulevèrent à Bagdad et pillèrent le marché du mardi à l’heure de midi. La population se lança à leur poursuite, en tua près d’une centaine et en captura d’autres.

Shaykh ʿAlam al-Dîn al-Barzâlî – et c’est de son propre manuscrit que je rapporte – écrit : Le mercredi 6 Jumâdâ al-Ûlâ, les juges, notables et muftis se rendirent à al-Qâbûn. Ils examinèrent l’orientation de la qiblah de la mosquée que le juge Karîm al-Dîn, mandataire du sultan, avait ordonné de bâtir en ce lieu, en fixèrent précisément l’axe et convinrent qu’elle serait alignée sur la qiblah de la Grande Mosquée de Damas.

Ce même jour, une altercation éclata entre l’émir Jûbân, l’un des grands commandants de Damas, et le vice-roi Tankiz ; Jûbân fut arrêté, détenu deux nuits dans la Citadelle, transféré ensuite au Caire où il fut admonesté, puis il reçut une pension conforme à son rang.

ʿAlam al-Dîn rapporte encore qu’en ce jour se déclara au Caire un immense incendie qui ravagea de belles demeures, d’élégants édifices élevés et plusieurs mosquées. Les habitants souffrirent grandement, récitant le qunût dans leurs prières. L’enquête révéla qu’il s’agissait d’un acte de chrétiens, désireux de venger les destructions infligées à leurs églises. Le sultan fit exécuter certains d’entre eux et imposa aux chrétiens de porter la couleur bleue sur leur couvre-chef ainsi que sur l’ensemble de leurs vêtements, et de se munir de clochettes

(1) À l'intérieur de Damas, au nord de la mosquée, à l'ouest, en face de la porte al-Ẓāhiriyya, séparés par la route ; voir al-Dāris (1/359). Je dis : elle servait comme siège du Congrès scientifique arabe jusqu'à une époque récente. (2) Dans l'édition : « donc ». (3) Dans l'édition : « il le tua ». (4) Dans l'édition : « de ». (5) Il s'agit de Jouban al-Mansūrī. Il est mort en l'année 728 de l'Hégire. (6) Dans l'édition : « il brûla ». Nous avons conservé ce qui est dans le manuscrit, car c'est la lecture la plus correcte.
وفي يوم عاشوراء خرج الشيخ تقيُّ الدين بن تيمية من القلعة بمرسوم السُّلطان وتوجه إلى داره، وكانت مدة إقامته خمسة أشهر وثمانية عشر يومًا (رحمه الله) . وفي رابع ربيع الآخر وصل إلى دمشق القاضي كريم الدين وكيل السلطان فنزل بدار السعادة، وقدم قاضي القضاة تقيُّ الدين بنُ عوض الحاكم الحنبلي بمصرَ وهو ناظر الخزانة أيضًا، فنزل بالعادلية الكبيرة (١) التي للشافعية، فأقام بها أيامًا، ثم توجه إلى مصر: جاء في بعض أشغال السلطان وزار القدس. وفي هذا الشهر كان السلطان قد حفر بركة قريبًا من المَيْدان، وكان في جوارها كنيسة فأمر الوالي بهدمها، فلما هدمت تسلَّط الحرافيشُ وغيرهم على الكنائس بمصرَ يهدمون ما قدروا عليه، فانزعج السلطان من ذلك (٢) وسأل القضاةَ: ماذا يجب على من تعاطى ذلك منهم؟ فقالوا: يعزَّرُ، فأخرج جماعة من السجون ممَّن وجبَ عليه قتل (٣) فقطع وصلب وحرم وخزم وعاقب، موهمًا أنه إنّما عاقب من تَعَاطى تخريب ذلك، فسكن الناس وأمنت النصارى وظهروا بعد ما كانوا قد اختفوا أيامًا. وفيه ثارت الحرامية ببغداد ونهبوا سوقَ الثُّلاثاء وقت الظهر، فثار النَّاس وراءهم وقتلوا منهم قريبًا من مئة وأسروا آخرين. قال الشيخ علَم الدين البِرْزالي ومن خطِّه نقلتُ: وفي يوم الأربعاء السادس من جمادى الأولى خرج القضاة والأعيان والمفتون إلى القابون، ووقفوا على قِبلة الجامع الذي أمر ببنائه القاضي كريم الدين وكيل السلطان بالمكان المذكور، وحرَّروا قِبلَته، واتَّفقوا على أن تكون مثل قِبلة جامع دمشق. وفيه وقعت مراجعة بين (٤) الأمير جُوبان (٥) أحد المقدَّمين الكبار بدمشق، وبين نائب السلطنة تَنْكِز، فمسك جوبان ورفع إلى القلعة ليلتين، ثم حُوّل إلى القاهرة فعوتب في ذلك، ثم أعطي خبزًا يليق به. وذكر علم الدين أن في هذا اليوم وقع حريق عظيم في القاهرة في الدور الحسنة والأماكن المليحة المرتفعة، وبعض المساجد، وحصل للناس مشقة عظيمة من ذلك، وقنتوا في الصلوات، ثم كشفوا عن القضية فإذا هو من قبل النصارى بسبب ما كان أُخرب (٦) من كنائسهم وهدم، فقتل السُّلطان بعضَهم وألزم النصارى أن يلبسوا الزُّرقة على رؤوسهم وثيابهم كلها، وأن يحملوا الأجراس في
(١) داخل دمشق، شمالي الجامع بغرب، وتجاه باب الظاهرية يفصل بينهما الطريق، الدارس (١/ ٣٥٩) قلت: وكانت تتخذ مبنى للمجمع العلمي العربي إلى عهد قريب. (٢) في ط: لذلك. (٣) في ط: قتله. (٤) في ط: من. (٥) هو: جوبان المنصوري. ومات سنة (٧٢٨ هـ). (٦) في ط: أحرق. وأثبتنا ما في ب لأنه الأصوب.

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