Parmi les notables décédés au cours de cette année :
• Le shaykh Ibrâhîm ad-Dihistânî : il avait atteint un âge avancé et jouissait d’une longue vie. Il rapportait qu’il était âgé de quarante ans lorsque les Tatars prirent Bagdad. Il assistait, lui et ses disciples, à la prière du vendredi sous la Coupole de l’Aigle, jusqu’à ce qu’il meure, dans la nuit du vendredi 27 Rabîʿ al-Âkhir, dans sa zawiya sise près du Souk al-Khayl à Damas. Il y fut inhumé et, d’après ses propres dires, il avait cent quatre ans ; Allah est plus savant.
• Le shaykh Muḥammad ibn Maḥmûd ibn ʿAlî, surnommé ash-Shahhâm, maître-lecteur, shaykh du rendez-vous de (la lecture de) Ibn ʿÂmir : c’était un homme vertueux, d’apparence imposante, assidu à la récitation du Coran, jusqu’à ce qu’il décède dans la même nuit que le Dihistânî précité – ou la nuit précédente. Qu’Allah leur fasse miséricorde.
• Le shaykh Shams ad-Dîn ibn as-Sâyiġ al-Lughawî : Abû ʿAbd Allâh Muḥammad ibn Ḥasan ibn Sibâʿ ibn Abî Bakr al-Judhâmî, égyptien d’origine, installé ensuite à Damas. Né vers l’an 645 H, il entendit les ḥadiths et fut un homme de lettres accompli, maître en vers et en prose, expert en prosodie, rhétorique, grammaire et lexicologie. Il compendia le « Ṣiḥâḥ » d’al-Jawharî, commenta la « Maqṣûra » d’Ibn Durayd et composa une qasida en tâʾ de plus de deux mille vers où il évoque les sciences et les métiers. De belle conduite, agréable en conversation et en compagnie, il habitait entre Darb al-Ḥabbâlayn et al-Farrâsh, près du Bustân al-Qiṭṭ. Il mourut dans sa maison le lundi 3 Shaʿbân et fut inhumé à Bâb aṣ-Ṣaghîr.
Puis vint l’année 721 H.
Elle s’ouvrit tandis que les gouverneurs des provinces demeuraient ceux mentionnés précédemment. Le premier jour, on rouvrit le ḥammâm az-Zayt, situé en haut de Darb al-Ḥajar ; sa restauration avait été entreprise par un homme samaritain, après qu’il eut été abandonné et ruiné depuis l’époque des Khwârazmiens, il y a environ quatre-vingts ans. C’est un vaste et bon bain public.
Le sixième jour de Muḥarram, un présent envoyé par le roi des Tatars, Abû Saʿîd, parvint au sultan : des coffres, des objets précieux et des esclaves.