Le lundi vingt-cinq Rabîʿ al-Awwal, on trancha la tête d’un homme nommé ʿAbd Allâh ar-Rûmî. Il était l’esclave de l’un des commerçants et s’était accoutumé à fréquenter la mosquée. Il prétendit ensuite à la prophétie ; on lui enjoignit de se rétracter mais il refusa, si bien que son exécution fut prononcée. C’était un blond aux yeux bleus, ignorant ; un démon s’était emparé de lui et avait embelli cette prétention à ses yeux. Son esprit en fut réellement troublé : en vérité, il n’était qu’un démon humain.
Le lundi suivant, deuxième jour de Rabîʿ ath-Thânî, fut conclu le contrat de mariage du sultan avec la dame arrivée des contrées qiptchaqs, issue d’une lignée royale.
À cette occasion, le sultan conféra des robes d’honneur au qâdî Badr ad-Dîn Ibn Jamâʿah, au Kâtib as-Sirr, à Karîm ad-Dîn ainsi qu’à un groupe d’émirs.
Dans le courant du mois, les troupes atteignirent la région de Sîs, et près d’un millier de cavaliers des forces de Tripoli se noyèrent dans le fleuve Jaihân.
Durant ce même mois, des décrets émanant du sultan parvinrent au Shâm, prescrivant la surveillance étroite des nouvelles relatives à la famille d’al-Muhannâ et leur expulsion des terres d’Islam, le sultan étant irrité contre eux du fait que leur père, Muhannâ, ne s’était pas présenté devant lui.
Le mercredi vingt-quatre Jumâdâ al-Ûlâ, le shaykh Muhyî ad-Dîn al-Asmar al-Hanafî donna cours à la madrasa ar-Rukniyya. La chaire d’enseignement al-Jawhariyya lui fut retirée au profit de Shams ad-Dîn ar-Raqqî al-Aʿraj. La chaire d’enseignement de la mosquée de la Citadelle fut attribuée à ʿImâd ad-Dîn ibn Muhyî ad-Dîn aṭ-Ṭarassûsî – qui assuma par la suite la magistrature hanafite. On retira également à ar-Raqqî l’imâmat de la mosquée Nûr ad-Dîn, dans le quartier des Juifs, pour le confier à ʿImâd ad-Dîn ibn al-Kayyâl, tandis que l’imâmat d’ar-Rabwa échut au shaykh Muḥammad an-Naṣîbî.
Au cours du mois de Jumâdâ al-Âkhirah, les armées musulmanes se rassemblèrent sur le territoire d’Alep, fortes d’environ vingt mille hommes, tous placés sous