Résidant à Damas depuis l’an quatre-vingt-quatre, il écouta le ḥadith d’Ibn al-Bukhârî et d’autres maîtres, et il calligraphia de sa propre main près de cent volumes afin d’aider ses deux fils, Abû ‘Amr et Abû ‘Abd Allâh, dans leurs études.
Il s’éteignit ensuite à l’école ṣalâḥienne(1), le vendredi à l’heure de l’appel à la prière, le dix-huitième jour de Raǧab. La prière funéraire fut célébrée après al-‘aṣr et il fut inhumé près d’al-Fandalâwî(2), à Bâb aṣ-Ṣaġîr, à Damas. Une foule nombreuse assista à ses obsèques.
Le shaykh Kamâl ad-Dîn Ibn aš-Šarayšî :
Aḥmad, fils de l’imâm, l’éminent savant Ǧamâl ad-Dîn Abû Bakr Muḥammad ibn Aḥmad ibn Muḥammad ibn ‘Abd Allâh ibn Suǧmân al-Bakrî al-Wâ’ilî aš-Šarayšî. Son père, on l’a vu, était de rite mâlikite, tandis que lui-même adopta le madhhab šâfi‘ite, dans lequel il excella et acquit de nombreuses sciences. Par ailleurs, il maîtrisait la calligraphie(6), entendit le ḥadith, rédigea lui-même les tables de transmission, donna des fatwâ, enseigna, disputa en séance académique et administra plusieurs madrasas et hautes fonctions.
La première charge qu’il occupa fut la direction de Dâr al-Ḥadîth du mausolée de Umm aṣ-Ṣâliḥ, prenant la suite de son père, de l’an 685 jusqu’à sa mort(7). Il fut également suppléant du qâḍî Ibn Ǧamâ‘ah, puis abandonna cette fonction pour diriger l’Agence du Trésor public, la cour martiale et l’inspection de la Grande Mosquée à plusieurs reprises. Il enseigna à la Šâmiyyah al-Barrâniyyah, puis à la Nâṣiriyyah durant vingt ans ; Ibn Ǧamâ‘ah et Zayn ad-Dîn al-Fâriqî la lui retirèrent, mais il la récupéra, dirigea le ribâṭ Nâṣirî sur le mont Qâsiyûn quelque temps, puis Dâr al-Ḥadîth al-Ašrafiyyah pendant huit ans. Sa conduite fut louée dans toutes ces fonctions.
Cette année-là, il résolut d’accomplir le ḥaǧǧ ; il partit avec sa famille, mais la mort le surprit à al-Ḥasâ(8) le dernier jour de Šawwâl de la même année, où il fut enterré – qu’Allâh lui accorde Sa miséricorde. Après lui, l’Agence revint à Ǧamâl ad-Dîn Ibn al-Qalansî ; l’enseignement de la Nâṣiriyyah à Kamâl ad-Dîn Ibn aš-Šîrâzî ; celui de Dâr al-Ḥadîth al-Ašrafiyyah au ḥâfiẓ Ǧamâl ad-Dîn al-Mizzî ; celui de Umm aṣ-Ṣâliḥ au shaykh Šams ad-Dîn aḏ-Ḏahabî ; et la direction du ribâṭ Nâṣirî à son fils Ǧamâl ad-Dîn.
Aš-Šihâb, maître-récitateur :
Aḥmad ibn Abî Bakr ibn Aḥmad al-Baġdâdî(9), naqîb(10) des « turbanés ». Il possédait de nombreuses qualités, en prose comme en poésie, adaptées aux circonstances, qu’il s’agît de félicitations ou de condoléances ; il connaissait également la musique et l’art de la prestidigitation.