D’après Abû Isḥâq as-Sabî‘î, rapporté par ‘Amr ibn ‘Abd Allâh al-Wâda‘î, j’ai entendu Mu‘âwiya dire : « Quatre hommes ont régné sur la terre : Sulaymân ibn Dâwûd, le Prophète (– qu'Allah lui fasse miséricorde –), Dhû al-Qarnayn, un homme des gens de Ḥulwân, et un autre. » On lui demanda : « Était-ce al-Khaḍr ? » Il répondit : « Non (1). »
Al-Zubayr ibn Bakkâr a dit : « Ibrâhîm ibn al-Mundhir m’a rapporté, d’après Muḥammad ibn aḍ-Ḍaḥḥâk, d’après son père, d’après Sufyân ath-Thawrî, qui a dit : “Il m’est parvenu que quatre hommes ont régné sur l’intégralité de la terre : deux croyants et deux mécréants : Sulaymân le Prophète, Dhû al-Qarnayn, Nimrûd et Bukht Naṣṣar (Nabuchodonosor) (2).” Ainsi l’a également rapporté Sa‘îd ibn Bashîr, tel quel. »
Ishâq ibn Bishr a dit, d’après Sa‘îd ibn Abî ‘Arûba, d’après Qatâda, d’après al-Ḥasan : « Dhû al-Qarnayn régna après Nimrûd. Son histoire raconte qu’il était un homme musulman et pieux qui se rendit à l’Orient et à l’Occident. Dieu lui allongea la vie et lui accorda la victoire, si bien qu’il domina les pays, s’empara des richesses, conquit les villes, tua des hommes, et parcourut les contrées et les forteresses. Il continua son expédition jusqu’à parvenir à l’Orient et à l’Occident. C’est le sens de la parole divine : « Et ils t’interrogent sur Dhû al-Qarnayn. Dis : “Je vais vous en réciter un récit” » – autrement dit, un exposé –, « En vérité, Nous l’avons établi (en puissance) sur terre et Nous lui avons donné une voie pour toute chose » : c’est-à-dire la science lui permettant de rechercher les chemins menant aux régions. »
Ishâq a ajouté : « Muqâtil prétend qu’il conquit les cités et rassembla les trésors ; ainsi, quiconque le suivait dans sa religion et lui prêtait allégeance (3) était accepté, sinon il le tuait (4). »
Quant à Ibn ‘Abbâs, Mujâhid, Sa‘îd ibn Jubayr, ‘Ikrima, ‘Ubayd ibn Ya‘lâ, as-Suddî, Qatâda et aḍ-Ḍaḥḥâk, ils disent à propos de « Et Nous lui avons donné une voie pour toute chose » : cela signifie qu’il reçut la connaissance (5). Qatâda et Maṭar al-Warrâq (6) expliquent qu’il s’agit des repères de la terre, de ses régions, de ses indices et de ses traces. ‘Abd ar-Raḥmân ibn Zayd ibn Aslam dit : « C’est-à-dire la connaissance des langues ; il n’attaquait jamais un peuple avant de s’adresser à lui dans sa propre langue. » L’opinion la plus correcte est que ce verset couvre tout moyen par lequel il parvenait à son but, que ce fût dans son royaume ou ailleurs. Il emportait en effet de chaque contrée les ressources, la nourriture et les provisions nécessaires pour subvenir à ses besoins et affronter la région suivante (7).