Au deuxième jour de Safar, un vent violent se leva dans la région de Tripoli, au lieu-dit Dhawq Turkman ; il détruisit de nombreux biens et tua l’un de leurs émirs, nommé Taralî, ainsi que son épouse, ses deux filles, deux de ses petits-fils, sa servante et onze autres personnes. Il fit également périr un grand nombre de chameaux et d’autres bêtes, et brisa biens et meubles. On raconte qu’il soulevait un chameau dans les airs sur une hauteur équivalant à dix lances avant de le rejeter au sol en morceaux. Ensuite tombèrent une pluie abondante et une grêle si violente qu’elles ravagèrent un grand nombre de récoltes dans diverses localités, au nombre d’environ vingt-quatre, tant et si bien qu’on ne pouvait plus les récupérer chez elles (1).
Au cours de ce même mois de Safar, l’émir Sayf al-Dîn Tughây al-Nâṣirî (2) fut dépêché pour la vice-gouvernance de Safed, où il demeura deux mois (3). Quant au maître (‘ṣâḥib) Amîn al-Dîn, il fut nommé à la supervision des services administratifs (4) à Tripoli, avec une rétribution abondante.
Le shaykh ‘Alam al-Dîn raconte : le jeudi, au milieu de Rabî‘ al-Awwal, le grand cadi Shams al-Dîn ibn Muslim (5) rencontra le shaykh, l’imam et éminent savant Taqî al-Dîn Ibn Taymiyya. Il lui conseilla de ne plus émettre de fatwâ au sujet du serment prononcé par le divorce. Le shaykh accepta sa recommandation et adhéra à ce qu’il préconisait, par égard pour l’estime qu’il lui portait et pour celle des muftis présents.
Puis, au début de Jumâdâ al-Ûlâ, on reçut par courrier un décret du sultan interdisant au shaykh Taqî al-Dîn de délivrer une fatwâ dans l’affaire du serment par le divorce ; un conseil fut alors convoqué et l’on s’en remit à la disposition du sultan, tandis que l’on proclamait cette interdiction dans la ville. [Avant même l’arrivée du décret, un groupe de grands muftis s’était réuni avec le cadi Ibn Muslim, de rite hanbalite, et l’avait prié de conseiller au shaykh de cesser d’émettre des fatwâ sur cette question du divorce. Le shaykh saisit la portée de cette recommandation et comprit qu’il ne s’agissait là que de prévenir toute discorde et tout désordre] (6).
Le dixième jour, un courrier parvint à Safed (7), annonçant la capture de Sayf al-Dîn Tughây (8) ainsi que l’investiture de Badr al-Dîn al-Qarmânî comme vice-gouverneur de Homs.
Durant ce même mois, on apprit (9) la mise à mort de Rashîd al-Dawla Faḍl Allâh ibn Abî al-Khayr ibn ‘Alî (10) al-Hamdânî,