Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Vers la fin de la journée du septième jour de Dhû l-Ḥijja, il fut inhumé le samedi matin au cimetière d’al-Ḥajûn(1). Qu’Allah lui fasse miséricorde et honore sa demeure.

[Puis débuta l’an sept cent dix-huit (718)]. Le calife et le sultan restèrent les mêmes, ainsi que les gouverneurs et les juges, à l’exception du juge malikite de Damas : il s’agissait du grand savant Fakhr ad-Dîn ibn Salâma, succédant au juge Jamâl ad-Dîn az-Zawâwî﵀.

Au mois de Muḥarram, il parvint(3) des nouvelles des contrées d’al-Jazîra, des terres de l’Orient, de Sindjâr, de Mossoul, de Mâridîn et de ces alentours, faisant état d’une terrible cherté de la vie, d’une mortalité extrême, d’un manque de pluies, de l’injustice(4) des Tatars, de la pénurie de vivres et de la hausse des prix, du manque de ressources, de la disparition des bienfaits et de l’avènement des calamités. Au point qu’ils se mirent à consommer tout ce qu’ils trouvaient, qu’il s’agisse de matières inertes, d’animaux ou de végétaux(5). Ils vendirent même leurs propres enfants et leurs familles : un enfant s’échangeait pour cinquante dirhams, voire moins. Beaucoup de gens(6) refusaient toutefois d’acheter des enfants de musulmans par scrupule religieux(7). Certaines femmes déclaraient être chrétiennes pour que l’on leur achète leur enfant, afin de tirer profit de la somme et que l’acheteur puisse nourrir l’enfant pour qu’il survienne à ses besoins. Elles étaient ainsi rassurées de le savoir à l’abri de la mort. Nous appartenons à Allah et c’est vers Lui que nous retournons. Il se produisit des situations pénibles, longues à décrire et pénibles à entendre. Environ quatre cents personnes se déplacèrent vers la région de Marâgha(8), mais une chute de neige abattit ce groupe jusqu’au dernier. Un autre groupe voyageait avec des Tatars, et, parvenus à un col, les Tatars grimpèrent puis les empêchèrent de monter, afin de ne pas avoir à s’occuper d’eux : ils périrent alors tous. Il n’y a de force ni de puissance qu’en Allah, le Puissant, le Sage.

Le lundi matin, septième(9) de Ṣafar, arriva à Damas le qâḍî Karîm ad-Dîn ‘Abd al-Karîm ibn al-‘Allâm Hibat Allâh, agent de la propriété privée du sultan dans tous les territoires. Il descendit à Dâr as-Sa‘âda et y séjourna quatre jours. Il ordonna la construction de la mosquée al-Qubaybât(10), que l’on appelle la mosquée Karîm ad-Dîn(11). Il se rendit ensuite en visite à Bayt al-Maqdis, fit de nombreuses aumônes substantielles et entreprit la construction de sa mosquée après son départ.

(1) Dans l’édition : Bāb al-Ḥujūn, ce qui est une erreur d’interprétation. (2) Entre les deux protections, un ajout de B et Ṭ. (3) C’est ici que commencent les premiers événements de l’année dans A, avec : « Et les informations sont parvenues… » (4) Dans l’édition : Ḫawf (peur). (5) Dans l’édition : wa-l-mayyāt (et les morts). (6) N’existe pas dans l’édition. (7) N’existe pas dans l’édition. (8) C’est une grande ville célèbre, la plus grande des régions d’Azerbaïdjan. Yāqūt. (9) Dans al-Dāris (2/416), au neuvième. (10) C’est un quartier de Jīlah, au sud de Damas. Yāqūt. Voir aussi al-Nujūm al-Zāhirah (9/57) et al-Dāris (2/416). (11) On l’appelle aujourd’hui : la mosquée al-Daqqāq dans le quartier de al-Maydān.
آخر النهار سابع ذي الحجة، ودفن ضحى يوم السبت بمقبرة الحجون (١) رحمه الله تعالى وأكرم مثواه. [ثم دخلت سنة ثمان عشرة وسعمئة] [الخليفة والسلطان هما هما، وكذلك النواب والقضاة سوى المالكي بدمشق فإنه العلامة فخر الدين بن سلامة بعد القاضي جمال الدين الزواوي (رحمه الله) ] (٢) . ووصلت (٣) الأخبار في المحرّم من بلاد الجزيرة وبلاد الشرق وسِنجار والمَوْصل ومارِدين وتلك النواحي بغلاءٍ عظيم وفناء شديد، وقلة الأمطار، وجَوْر (٤) التتار، وعدم الأقوات وغلاء الأسعار، وقلة النفقات، وزوال النّعم، وحلول النّقم، بحيث إنَّهم أكَلوا ما وجدوه من الجمادات والحيوانات والنباتات (٥) ، وباعُوا حتَّى أولادهم، وأهاليهم، فبيع الولد بخمسين درهمًا وأقلَّ من ذلك، حتى إن كثيرًا من الناس (٦) كانوا لا يشترون من أولاد المسلمين تأثُّمًا (٧) ، وكانت المرأة تصرَّحُ بأنَّها نصرانية ليُشْتَرى منها ولدُها لتنتفع بثمنه ويحصُلَ له من يطعمه فيعيش، وتأمن عليه من الهلاك، فإنا لله وإنا إليه راجعون، ووقعت أحوال صعبة يطول ذكرها، وتنُبو الأسماعُ عن وصفها، وقد ترحَّلت منهم فرقة قريبَ الأربعمئة إلى ناحية مَرَاغة (٨) فسقط عليهم ثلجٌ أهلكهم عن آخرهم، وصحبت طائفة منهم فرقة من التتار، فلما انتهوا إلى عقبةٍ، صعِدها التَّتار ثم منعوهم أن يصعدوها لئلا يتكلَّفوا بهم فماتوا عن آخرهم. فلا حول ولا قوة إلا بالله العزيز الحكيم. وفي بُكرة الإثنين السابع (٩) من صفر قدم القاضي كريمُ الدّين عبدُ الكريم بن العلَم هبة الله وكيل الخاص السلطاني بالبلاد جميعها، قدم إلى دمشق فنزل بدار السعادة وأقام بها أربعة أيام، وأمر ببناء جامع القُبَيْبَات (١٠) ، الذي يقال له: جامع كريم الدين (١١) ، وراح لزيارة بيت المَقْدس، وتصدَّق بصدقات كثيرة وافرة، وشرع ببناء جامعه بعد سفره.
(١) في ط: باب الحجون وهو توهم. (٢) ما بين الحاصرتين زيادة من ب وط. (٣) من هنا أول أحداث السنة في أ وفيه: وفيها وصلت الأخبار … (٤) في ط: خوف. (٥) في ط: والميتات. (٦) ليست في ط. (٧) ليست في ط. (٨) هي بلدة عظيمة مشهورة، أعظم بلاد أذربيجان. ياقوت. (٩) في الدارس (٢/ ٤١٦) في التاسع. (١٠) هي محلَّة جيلة بظاهر دمشق. ياقوت. النجوم الزاهرة (٩/ ٥٧) الدارس (٢/ ٤١٦). (١١) ويقال له الآن: جامع الدقاق في الميدان.

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