Parmi les notables décédés au cours de cette année :
– Le shaykh vertueux Abou l-Ḥasan ʿAlī ibn Muḥammad ibn ʿAbd Allāh : homme éminent, doté d’une belle écriture. Il copia, entre autres, « at-Tanbīh » et « al-ʿUmda ». Le public tirait profit de ses manuscrits : on les comparait à l’original auprès de lui et il en assurait la révision. Il s’asseyait à côté d’un coffret qu’il possédait dans la grande mosquée. Il s’éteignit durant la nuit du lundi 6 muḥarram et fut inhumé au cimetière des Ṣûfiyyah. J’ai moi-même collationné chez lui « al-ʿUmda » et d’autres ouvrages.
– Le shaykh Shihāb ad-Dīn ar-Rūmī, Aḥmad ibn Muḥammad ibn Ibrāhīm ibn al-Marāghī : il dispensa son enseignement à la madrasa al-Muʿīniyya, dirigea la prière dans le miḥrāb des ḥanafites — situé dans leur maqṣūra occidentale —, et assuma la direction spirituelle de la Khātūniyya. Il faisait office d’imam pour le vice-sultan al-Afram, récitant le Coran d’une voix belle et mélodieuse. Jouissant d’un rang élevé auprès de lui, il arrivait même qu’al-Afram vînt à pied lui rendre visite dans la cellule qu’il avait fondée au « sharaf » septentrional, sur la grande esplanade. À sa mort, au mois de muḥarram, il fut enterré au cimetière des Ṣûfiyyah, et ses deux fils, ʿImād ad-Dīn et Sharaf ad-Dīn, reprirent ses fonctions.
– Le shaykh vertueux et équitable Fakhr ad-Dīn ʿUthmān ibn Abī l-Wafāʾ ibn Niʿmat Allāh al-Aʿzāzī : homme fortuné, d’une grande magnanimité et assidu à la récitation coranique. Il s’acquitta fidèlement d’un dépôt de soixante mille dinars et de pierreries, dont seul Allāh connaît la valeur, après la mort — sur le champ de bataille — de son propriétaire, ʿIzz ad-Dīn al-Jarrāḥī, vice-gouverneur de Gaza, qui les lui avait confiés. Qu’Allāh le récompense ! Lorsque Fakhr ad-Dīn mourut, le mardi 23 rabīʿ ath-thānī, une foule que nul autre qu’Allāh ne saurait dénombrer assista à ses funérailles ; on dit qu’on n’avait jamais vu un tel rassemblement auparavant. Il fut enterré au cimetière de Bāb aṣ-Ṣaghīr — qu’Allāh lui fasse miséricorde.
– Le Qāḍī al-Quḍāt, Jamāl ad-Dīn Abou ʿAbd Allāh Muḥammad ibn Sulaymān ibn Yūsuf az-Zawwāwī, juge des mâlikites à Damas depuis l’an 687 H. Arrivé d’Égypte en provenance du Maghreb, il y étudia et reçut le savoir de ses maîtres, parmi lesquels