Au mois de Ṣafar de cette année-là, un torrent d’une ampleur exceptionnelle survint dans la ville de Baalbek ; il décima une multitude d’habitants et détruisit maintes demeures et constructions. C’était le mardi 27 Ṣafar.
En résumé : avant cela, un orage accompagné de tonnerre, d’éclairs, de grêle et de pluie s’était déjà abattu sur eux, faisant déborder les vallées. Puis survint un déluge gigantesque qui emporta, du rempart de la ville, du côté nord-est, une portion longue d’environ quarante coudées, alors même que l’épaisseur du mur était de cinq coudées. Le torrent arracha également une tour intacte flanquée de deux contreforts, la souleva telle quelle, la transporta, creusant dans le sol un sillon d’environ cinq cents coudées de long sur trente de large, puis la rejeta à l’ouest de la cité, sans rien épargner sur son passage. Il pénétra dans la ville alors que ses habitants étaient pris au dépourvu et détruisit plus du tiers de celle-ci.
Il entra dans la grande mosquée, s’y éleva jusqu’à la hauteur d’une coudée et demie au-dessus d’un homme, puis se rua contre son mur occidental qu’il démolit, anéantissant tous les dépôts, livres et exemplaires du Coran qui s’y trouvaient, et ravagea nombre de dépendances de la mosquée. Sous les ruines périrent de nombreux hommes, femmes et enfants. « Certes, nous appartenons à Allah et c’est à Lui que nous retournons. »
Dans la mosquée se noyèrent le shaykh ʿAlî ibn Muḥammad ibn al-Shaykh ʿAlî al-Ḥarîrî ainsi qu’un groupe de pauvres qui l’accompagnaient. On rapporte que, parmi les habitants de Baalbek, cent quarante-quatre personnes, sans compter les étrangers, trouvèrent la mort lors de ce désastre. Environ six cents maisons et boutiques furent détruites, vingt vergers furent arrachés et huit moulins balayés, outre la mosquée et l’Amîniyya. Quant aux lieux où le torrent s’engouffra, ravageant leur contenu sans pour autant les ruiner totalement, ils sont innombrables.
Durant la même année, le Nil connut une crue sans précédent depuis des temps immémoriaux ; il inonda de vastes régions et causa également de nombreuses pertes humaines. Il submergea notamment Maniyyat al-Shîrij, où les gens subirent des pertes considérables. « Certes, nous appartenons à Allah et c’est à Lui que nous retournons. »
Au premier jour de Rabîʿ al-Âkhir, le sultan Bûsāʿîd ibn Kharbandā s’assit sur le trône royal dans la cité impériale.
Au cours du même mois, l’armée d’Alep mena un raid contre la ville d’Āmid ; elle pilla, fit des captifs et revint saine et sauve.