et lors de ses cours publics ; il n’était nullement tel que le décrivaient certains de ses compagnons, ceux-là mêmes qui le jalousaient et tenaient à son sujet ces propos – ou d’autres du même acabit.
Il enseigna dans plusieurs madrasas d’Égypte et de Syrie. À Damas, il dispensa son savoir aux deux Shâmiyya, à l’‘Adhrâwiyya ainsi qu’à la Dâr al-Ḥadîth al-Ashrafiyya. Il fut même nommé, pour un temps, à la chaire de la khatâba ; [quelques jours seulement, comme il a été dit, puis la foule se souleva contre lui, le destitua, et jamais il ne monta sur son minbar].
Par la suite, il se lia au vice-roi Al-Afram et il s’ensuivit des affaires qu’il ne convient ni de rapporter ni de compter [parmi les turpitudes]. Finalement, il résolut de quitter Damas pour Alep, après avoir gagné le cœur de son gouverneur. Il y séjourna et y enseigna, puis fut envoyé à plusieurs reprises en mission diplomatique entre le sultan et Muḥannâ, en compagnie d’Arghûn et d’Alṭanbuġā. Il s’établit ensuite définitivement en Égypte, où il enseigna au Mashhad al-Ḥusayn jusqu’à son décès, survenu à l’aube du mercredi 24 dhû l-ḥijja, dans sa demeure proche de la mosquée Al-Ḥâkim. Le même jour, il fut inhumé non loin du shaykh Muḥammad ibn Abî Ḥamza, dans le cimetière du qâḍî, surintendant de l’armée, à Al-Qarâfa.
Lorsque la nouvelle de sa mort parvint à Damas, on accomplit pour lui la ṣalât al-ghâ’ib dans la grande mosquée après la prière du vendredi, le 3 muḥarram de l’année suivante. Plusieurs personnes le célébrèrent par des élégies, parmi lesquelles Ibn Ghânim ‘Alâ’ ad-Dîn, Al-Qaḥfâzî et Aṣ-Ṣafadî, qui comptaient parmi ses proches.
[Le jour de ‘Arafa décéda également] le shaykh ‘Imâd ad-Dîn Ismâ‘îl al-Fawghî, mandataire de Qajlîs. C’est lui qui avait fait construire pour ce dernier la bâshûra à Bâb aṣ-Ṣaghîr dans le faubourg occidental. Homme énergique et compétent, il appartenait toutefois à une famille de tendance râfiḍî (shi‘ite). Il advint que le vice-roi le fit comparaître et le frappa devant lui ; puis il se leva en personne, l’asséna de coups d’éperons au visage, si bien qu’on le retira de devant lui moribond. Il rendit l’âme le jour même de ‘Arafa et fut enterré ce jour-là au pied du Qâsiyûn. Il possédait par ailleurs une demeure hors de Bâb al-Farâdîs.
[Ensuite commença l’an 717 H.] Elle débuta avec les mêmes gouvernants que ceux mentionnés l’année précédente.
Au mois de Ṣafar, on entreprit la construction de la mosquée qu’avait fondée le « roi des émirs » Tankiz, gouverneur du Šâm, à l’extérieur de Bâb an-Naṣr, en face du Ḥikr as-Samâq, sur le Nahr Bâniyâs à Damas. Les juges et les savants se consultèrent longuement pour déterminer la direction de sa qibla ; l’affaire fut tranchée selon l’avis du shaykh Taqiyy ad-Dîn Ibn Taymiyya, donné le dimanche 25 du même mois. On se mit donc à bâtir l’édifice sur ordre du sultan, celui-ci soutenant son gouverneur dans ce projet.