Il s’éteignit à la madrasa Ṣārimiyya, le dimanche 22 Dhû l-Qaʿda. Il fut inhumé à Bâb al-Ṣaghîr, à proximité de la tombe d’al-Qandalâwî, et plus de dix mille personnes assistèrent à ses funérailles. Qu’Allah, Exalté soit-Il, lui fasse miséricorde.
Le shaykh aṣ-Ṣadr Ibn al-Wakîl : il s’agit de l’érudit Abû ʿAbd Allâh Muḥammad, fils du shaykh, de l’imâm, du muftî des musulmans Zayn ad-Dîn ʿUmar ibn Makkî ibn ʿAbd aṣ-Ṣamad, connu sous les surnoms d’Ibn al-Murahḥal et d’Ibn al-Wakîl, le shaykh des shâfiʿites de son époque. Il se distingua, à son époque, par sa vertu, l’ampleur de son labeur, ses lectures, son assiduité dans l’acquisition du savoir et sa polyvalence dans de nombreuses sciences. Il excella dans la connaissance du madhhab et des deux fondements (uṣûl ad-dîn et uṣûl al-fiqh). En grammaire, toutefois, il n’était pas particulièrement solide ; [il commettait de nombreuses fautes de langage], bien qu’il eût étudié, dans cette discipline, le « Mufaṣṣal » d’al-Zamakhsharî. Il possédait par ailleurs de nombreuses pièces apprises par cœur.
Il naquit en Shawwâl 665 H. Il écouta le ḥadîth auprès de plusieurs maîtres : ainsi le « Musnad d’Aḥmad » auprès de ʿAlî ibn ʿAllân, les Six recueils, et, à Dâr al-Ḥadîth, on lui lut une large partie du « Ṣaḥîḥ Muslim » sous la direction d’al-Amîn al-Irbilî, d’al-ʿÂmirî et d’al-Mizzî. Il commentait le ḥadîth en usant d’un discours tiré de nombreuses disciplines : médecine, philosophie, kalâm — [ce qui n’est pas, à proprement parler, science] — et sciences des Anciens, qu’il convoquait fréquemment. Il composait par ailleurs de la poésie de belle facture et laissa un dîwân [contenant des pièces délicates].
Il comptait, parmi ses proches, des gens qui l’enviaient tout en l’aimant, et d’autres qui l’enviaient tout en le détestant ; ceux-ci médisaient de lui et lui imputaient de graves méfaits. [Il se montrait, en effet, excessif envers lui-même, ayant rejeté le voile de la pudeur dans ce qu’il pratiquait de turpitudes et d’abominations.] Il vouait une hostilité déclarée au shaykh Ibn Taymiyya et le débattait dans maintes assemblées. Il reconnaissait cependant à shaykh Taqî ad-Dîn un savoir éclatant et faisait son éloge, mais il défendait âprement son propre madhhab, son camp et ses passions, soutenant farouchement son parti.
De son côté, Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya faisait aussi son éloge, saluant son savoir et ses vertus, et attestait de son islam lorsque l’on évoquait devant lui ses actes blâmables ; il disait : « Il était confus avec lui-même [suivant ce que Satan voulait tirer de lui], porté à la recherche de la renommée. »