aussi bien qu’en Égypte, la ḥisba et Alexandrie, entre autres postes ; à la fin, il ne conserva plus que la surintendance des waqfs à Damas. Il mourut, âgé d’environ quatre-vingts ans, et fut enterré au mont Qâsiyûn.
Le 9 Shawwâl, le cortège du pèlerinage syrien prit la route, ayant pour émir Sayf ad-Dîn Arghûn as-Silahdâr an-Nâṣirî, résident de Dâr aṭ-Ṭirâz à Damas. De l’Égypte partirent également en pèlerinage Sayf ad-Dîn ad-Dawâdâr et le Qâḍî al-Quḍât Ibn Jamâʿah, lequel, au cours de cette même année, avait visité la noble Jérusalem après la mort de son fils, le prédicateur Jamâl ad-Dîn ʿAbd Allâh, qui avait accédé à un rang éminent et jouissait d’un grand prestige.
Au mois de Dhû l-Qaʿda, l’émir Sayf ad-Dîn Tankiz se rendit en visite à Jérusalem et s’absenta vingt jours.
Au cours de ce même mois, l’émir Sayf ad-Dîn Baktamur, le ḥâjib, arriva à Damas depuis l’Égypte. Il avait été détenu en prison ; on le libéra, l’honora et on le nomma vice-gouverneur de Ṣafad. Il s’y rendit après avoir réglé ses affaires à Damas.
Le qâḍî Ḥusâm ad-Dîn al-Qazwînî fut transféré de la juridiction de Ṣafad à celle de Ṭarâbulus. La présidence du tribunal de Ṣafad revint de nouveau au qâḍî de Damas, qui y délégua Ibn Ṣaṣrâ, Sharaf ad-Dîn an-Nahâwandî, précédemment juge de Ṭarâbulus. Arriva en même temps que Baktamur le tawâshî Ẓahîr ad-Dîn Mukhtâr, dit al-Zarʿî, nommé gardien du Trésor de la Citadelle en remplacement du tawâshî Ẓahîr ad-Dîn Mukhtâr al-Bilbaysî, décédé.
Durant ce mois de Dhû l-Qaʿda, on apprit le décès du roi des Tatars Khurbanda Muḥammad, fils d’Arghûn, fils d’Abghâ, fils de Hülegü Khân, souverain de l’Irak, du Khorasan, de l’Irak ʿajamî, de la Roum, de l’Azerbaïdjan, des provinces arméniennes et de Diyâr Bakr.
Il mourut le 27 Ramadan et fut inhumé dans le mausolée qu’il avait fait édifier dans la ville qu’il fonda, appelée as-Sulṭâniyya. Il avait un peu plus de trente ans. On le dépeignait comme généreux, porté aux divertissements, aux jeux et aux constructions. Il manifesta le rafḍ (chiisme extrême) dans ses contrées ; d’abord, il demeura une année sur la Sunna, puis se tourna vers le rafḍ, en établit les rites dans son royaume, et le shaykh Jamâl ad-Dîn Ibn Muṭahhar al-Ḥillî, disciple de Naṣîr ad-Dîn aṭ-Ṭûsî, obtint ses faveurs et reçut de lui plusieurs fiefs. Il persista dans cette doctrine pernicieuse jusqu’à sa mort, survenue cette année-là.
Durant son règne, de grands troubles et d’immenses calamités éclatèrent ; puis Allah délivra les serviteurs et les pays de son emprise.